À Bordeaux, une messe “absolument pas autorisée” a réuni 300 personnes en plein air

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NurPhoto via Getty Images

À Bordeaux, une messe “absolument pas autorisée” a réuni 300 personnes en plein air (photo d’illustration prise à lors d’une manifestation pour le retour des cultes à Bordeaux devant la Cathédrale Saint-André le 15 novembre 2020)

RELIGION – Tu ne mentiras point… mais pour célébrer l’office dominical, de tous les moyens tu useras. Face à la limitation de 30 personnes imposée par le gouvernement, désormais contredit par le Conseil d’État, certains membres de l’Église catholique n’ont pas hésité à contrevenir aux mesures de confinement pour célébrer la messe. 

À Bordeaux ce dimanche 29 novembre, avant même que le Conseil d’État ne rende son avis, une messe impromptue a été célébrée en plein air en présence d’environ 300 fidèles, rapporte France 3 Aquitaine

La cérémonie s’est déroulée dans le Jardin public de la ville, non loin de la cathédrale Saint-André. Des chaises à l’autel, tout a été mis en place pour le service au cours duquel les fidèles étaient installés sur des bancs, masqués. 

Contactée par France3, la mairie de Bordeaux a expliqué avoir reçu une déclaration pour une “manifestation revendicative”, qui a visiblement été “détournée pour organiser une messe”. “Cette messe n’a absolument pas été autorisée par la mairie”, précise l’hôtel de ville. 

De son côté, le diocèse de Bordeaux s’est désolidarisé de l’initiative, étrangère à son activité d’après ses déclarations. “Cette messe a été célébrée à l’initiative de la fraternité Saint Pie X qui n’est pas liée au diocèse de Bordeaux”, a-t-il indiqué sur Twitter. Tout en jugeant “incompréhensible” la limite fixée par le gouvernement, l’archevêque de Bordeaux avait en effet appelé à la respecter “pour ne pas faire de la messe dominicale un lieu de revendication.”

“Trois jours” pour modifier la jauge

Toutefois, d’autres archevêques se sont montrés un peu souples. À Lille, Mgr Laurent Ulrich a ainsi appelé “les communautés qui le peuvent” à “organiser des célébrations en respectant les consignes en vigueur”, en veillant “principalement à respecter la distanciation et les gestes barrière.”

“Durant le week-end, les églises où cela est possible seront ouvertes à tous les croyants qui souhaitent s’y recueillir (…). On ne saurait laisser un cœur qui cherche Dieu à la porte!”, écrivait-il dans un communiqué, en conseillant par exemple de multiplier les messes pour permettre à un maximum de fidèles d’y venir.

Un discours que certains prêtres lillois n’ont pas hésité à interpréter comme bon leur semblait. Auprès de 20 minutes, un curé du diocèse expliquait ainsi avoir prévu de séparer, en cas de besoin, les fidèles venus assister à l’office en plusieurs groupes de 30. 

Ces “systèmes D” relativement respectueux des lois ne devraient pas perdurer. Le Conseil d’État a en effet donné “trois jours” au gouvernement pour revoir sa copie sur la jauge maximale. Une rencontre entre des représentants de la Conférence des Évêques et le Premier ministre est prévue ce dimanche en début de soirée, où pourrait être décidée une adaptation du protocole.

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