A Conflans-Sainte-Honorine, l’effroi des habitants après la mort d’un enseignant décapité « par un monstre »

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C’était le dernier cours de la journée, le dernier avant les vacances scolaires de la Toussaint aussi. Il était 14 heures, vendredi 16 octobre, lorsque Samia (le prénom a été modifié), 12 ans, a dit au revoir à son professeur d’histoire-géographie. « Bonnes vacances, monsieur ! », lui a-t-elle lancé avant de quitter l’enceinte du collège du Bois-d’Aulne, dans le quartier tranquille de Chennevières, à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines. Trois heures plus tard, l’enseignant de 47 ans était retrouvé décapité en pleine rue, à trois cents mètres seulement de l’établissement scolaire, « sauvagement attaqué alors qu’il rentrait probablement chez lui à pied », commente un policier posté aux abords de la scène de crime.

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C’est ici, au cœur d’un dédale de ruelles bordées de pavillons proprets aux haies bien taillées, au coin des rues du Buisson-Moineau et de la Haute-Borne, qui marque la frontière entre les communes de Conflans et Eragny, entre les Yvelines et le Val-d’Oise, que le drame s’est déroulé. Le témoin qui a prévenu les forces de l’ordre a d’abord cru que « la victime était un mannequin tellement la scène était surréaliste de violence », témoigne un policier.

Armé d’un « couteau très long et très aiguisé », poursuit-il, l’assaillant – âgé de 18 ans, de nationalité russe et d’origine tchétchène, selon une pièce d’identité retrouvée sur lui par les policiers – s’est acharné sur le professeur jusqu’à lui trancher la tête. Un message de revendication a été publié sur un compte Twitter quelques minutes après le drame, avec une photo de la tête décapitée.


Cordon de sécurité à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), où a été assassiné le professeur d’histoire-géographie, le 16 octobre. LAURENCE GEAI POUR « LE MONDE »

Le jeune homme a été tué par balles par la police quelques mètres plus loin, aux cris de « Allahou Akbar ». Quatre personnes, dont un mineur, issues de son entourage familial, ont été placées en garde à vue dans la soirée et la nuit de vendredi à samedi, selon l’Agence France-Presse. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé être saisi de l’enquête, ouverte pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

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Agitation

Samia se triture les doigts quand elle parle, elle les croise et les décroise, tire sur les manches de son sweat-shirt gris pâle, y enfonce ses mains, puis étire ses bras avant de les cacher derrière son dos. Elle ne pleure pas. Plus. Et parvient à évoquer ce professeur auquel elle s’était déjà attachée, un professeur qui « expliquait bien les choses », dit-elle. « Tu m’as même dit qu’il était grave gentil », intervient sa mère, Alicia, 40 ans, américano-marocaine, serveuse dans un restaurant à Paris.

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