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Knappertsbusch à Vienne et Berlin : Mémoires d’outre-tombe

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« The Art of Hans Knappertsbusch with The Wiener Philharmoniker ». Œuvres de J.S. Bach, Beethoven, Berger, Brahms, Bruckner, Haydn, Komzák, Mozart, Nicolai, Reger, Schmidt, Schubert, Schumann, J. Strauss I, J. Strauss II, Josef Strauss, R. Strauss, Tchaïkovski, Verdi, Wagner, Weber, Ziehrer. Lucretia West, mezzo-soprano ; Orchestre Philharmonique de Vienne, course : Hans Knappertsbusch. 19 CD Scribendum. Enregistrés à Vienne entre 1938 et 1964. Pas de discover. Durée totale : 21 h 20 environ

« The Art of Hans Knappertsbusch with The Berliner Philharmoniker ». Œuvres de Beethoven, Brahms, Bruckner, Haendel, Haydn, Komzák, Liszt, Mahler, Nicolai, Pfitzner, Schubert, J. Strauss II, Josef Strauss, Tchaïkovski, Wagner, Weber, Wolf. Erna Berger, soprano ; Torsten Ralf, ténor ; Lucretia West, mezzo-soprano ; Orchestre Philharmonique de Berlin, course : Hans Knappertsbusch. 13 CD Scribendum. Enregistrés à Berlin entre 1941 et 1957. Pas de discover. Durée totale : 15 h 30 environ

On attribue à Hans Knappertsbusch tous les mythes, alors qu’il ne supportait pas la publicité, toutes les intentions teutoniques, alors qu’il paya au prix fort son antinazisme. Bien que sans discover, les deux volumes qui paraissent chez Scribendum, offrent un portrait viennois et berlinois passionnant du musicien.

Après-guerre, les personnalités des cooks furent au centre de conflits d’intérêts entre les firmes discographiques qui se disputaient alors le monopole des grandes productions, par artistes interposés : Karajan pour Emi, Knappertsbusch pour Decca et Teldec, Furtwängler pour Deutsche Grammophon. Disparu en 1965, Knappertsbusch ne bénéficia guère de l’ère stéréophonique et nous ne disposons que de peu d’enregistrements en studio, lesquels apparaissent parfois de qualité inférieure aux live shows et opéras captés en “live” ! Le legs de ces troisième et quatrième coffrets (après ceux dédiés aux Staatsorchester et à Munich) regroupe les témoignages berlinois et viennois avec une quasi-exhaustivité pour Berlin. Pour Vienne, il manque, sauf erreur, la Symphonie n° 2 (1962) de Beethoven, la Symphonie n° 88 de Haydn (1962), la Symphonie n° 3 de Bruckner (1960) ainsi que Siegfried Idyll de Wagner (1949, Salzbourg). On think about qu’une nouvelle parution réunira les œuvres avec solistes (Beethoven avec Backhaus, Brahms avec Curzon, Wesendoncklieder avec Flagstad and so on.).

Les bandes proposées par Scribendum sont globalement d’une excellente qualité. D’où proviennent-elles ? D’archives du Japon, pour certaines ? Quoi qu’il en soit, elles ont été peu retravaillées contrairement à divers labels tels que Decca, Audite, mais aussi Tahra, Music & Arts, King Records. On aurait aimé que ce fut le cas notamment pour la Symphonie n° 5 de Beethoven (Berlin, 1956) à l’acoustique endommagée.

Plus de la moitié du répertoire gravé par Knappertsbusch concerne l’œuvre de Wagner (trois Ring complets, dix Parsifal et un nombre impressionnant d’extraits symphoniques). Rappelons pour l’anecdote que Knappertsbusch remit un mémoire d’étudiant en 1912 et dont le titre se passe de commentaires : « le caractère de Kundry dans Parsifal ». Au legs wagnérien s’ajoutent quelques symphonies de Bruckner (les cooks ne s’intéressaient alors qu’aux symphonies n° 3, 4, 5, 7, 8 et 9). L’œuvre de Brahms supplante largement les gravures consacrées à Schubert et à Beethoven. Ajoutons quelques Haydn et Strauss (les Johann et Josef plus volontiers que Richard), mais peu de Mozart.

Au live performance, comme à l’opéra, la course de Knappertsbusch se reconnaît infailliblement : les décalages sont audibles, les accords des pupitres parfois incertains. En revanche, l’émotion est intacte, des détails de l’orchestration ressortent lorsque la lenteur des tempi devient systématique. Ce sont ces fameux “tunnels sonores”, ces passages creux avant que le chef capte subitement l’consideration des musiciens, ressoude les énergies comme pour remonter à l’assaut de la partition. Cela prend des proportions inouïes dans la Symphonie n° 8 d’Anton Bruckner avec des accélérations aussi foudroyantes qu’incongrues. L’orchestre est alors conduit au bord de l’épuisement. Il en va ainsi des Variations Haydn aussi solennelles que raides et dont le phrasé s’assouplit et les éclairages deviennent de plus en plus aveuglants. La Symphonie n° 9 de Bruckner, captée le 30 janvier 1950 et marquant pour la première fois depuis 1944, le retour du musicien à la tête de l’orchestre berlinois, stupéfie tout autant que le “théâtre” gigantesque de l’Inachevée dans les deux variations des 29 et 30 janvier 1950. On ne se lasse pas d’écouter des voyages sonores aussi vertigineux d’creativeness. En public, le musicien se révèle un prodigieux improvisateur (il est vrai qu’il n’appréciait guère les répétitions). Un improvisateur fort peu soucieux du confort du public comme au début de la Symphonie n° 7 de Beethoven, à Vienne, où il n’attend pas la fin des applaudissements…

L’approche musicale de Knappertsbusch n’a rien de musicologique. La recherche “Urtext” alors embryonnaire au début des années cinquante ne le concerne pas : ses Bach et Haydn ainsi que la Symphonie n° 8 de Beethoven sont d’un model massif plus que déroutants ! Plus encore que chez Furtwängler, sa course a hérité de l’expressivité monumentale en vogue à la fin du XIXe siècle. Knappertsbusch s’en tenait aux éditions finales des partitions, ce qui dans le cas des symphonies de Bruckner, s’avère problématique.

Enfin, il n’approcha pas les esthétiques contemporaines, notamment de la Seconde Ecole de Vienne, pour laquelle il éprouvait (au même titre qu’un Walter) le plus profond désintérêt. Il n’en dirigea pas moins des compositeurs de son temps comme Pfitzner et Schmidt. Une entrevue est restée célèbre avec le chef Hans Rosbaud, alors chef du Philharmonique de Munich. À Rosbaud qui lui demandait ce qu’il pensait d’une partition de Karl Amadeus Hartmann, Knappertsbusch répondit : « vous dirigez tellement de m…. ! ». Autres temps, autres mœurs.

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« The Art of Hans Knappertsbusch with The Wiener Philharmoniker ». Œuvres de J.S. Bach, Beethoven, Berger, Brahms, Bruckner, Haydn, Komzák, Mozart, Nicolai, Reger, Schmidt, Schubert, Schumann, J. Strauss I, J. Strauss II, Josef Strauss, R. Strauss, Tchaïkovski, Verdi, Wagner, Weber, Ziehrer. Lucretia West, mezzo-soprano ; Orchestre Philharmonique de Vienne, course : Hans Knappertsbusch. 19 CD Scribendum. Enregistrés à Vienne entre 1938 et 1964. Pas de discover. Durée totale : 21 h 20 environ

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