- Advertisement -

Trump malade du Covid-19 était-elle la “surprise d’octobre” de cette élection?


- Advertisement -

AFP / Fox News

La contamination de Donald Trump au coronavirus aura-t-elle été la “surprise d’octobre” de cette élection présidentielle américaine 2020 ?

PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE – Une élection présidentielle se joue jusqu’aux dernières heures. Les Américains en savent quelque chose. Si les sondages nationaux donnent actuellement dix points d’avance en moyenne à Joe Biden sur Donald Trump, le souvenir de la surprise de 2016 est dans toutes les têtes. Celles des supporters de l’actuel président, qui l’invoquent pour rappeler que les enquêtes d’opinion ne disent pas tout, comme celles des partisans du démocrate, qui appellent massivement à aller voter pour éviter que l’histoire se répète.

Mais les surprises peuvent aussi intervenir quelques semaines avant le scrutin. Les révélations sur les (très faibles) impôts payés par Donald Trump pendant plusieurs années, la mort de la doyenne de la Cour suprême américaine Ruth Bader Ginsburg, populaire icône anti-Trump, mais surtout la contamination du président américain au coronavirus et son passage à l’hôpital ont été autant de rebondissements accréditant aux États-Unis la théorie de “l’October surprise”, la “surprise d’octobre”.

D’après le magazine américain Smithsonian, l’expression est attribuée à William Casey, directeur de campagne de Ronald Reagan en 1980. Il l’aurait utilisée pour parler de l’éventualité que son opposant Jimmy Carter, alors président, parvienne à faire libérer des otages américains aux mains de l’Iran avant l’élection. Les Iraniens ont finalement interrompu les négociations à la fin du mois d’octobre, favorisant indirectement la victoire de Ronald Reagan, raconte le Washington Post. L’affaire a donné lieu à une théorie du complot (en partie attestée dans deux livres) selon laquelle le vainqueur de l’élection avait passé un accord secret avec l’Iran, qui a libéré les otages quelques minutes seulement après son investiture en janvier 1981.

“Républicains et démocrates ont retenu leur souffle”

Avant et après cet épisode, d’autres événements majeurs ont marqué les dernières semaines de campagnes présidentielles américaines. Ces “surprises d’octobre” peuvent (ou pas) avoir une influence sur le scrutin. Elles peuvent avoir été orchestrées par des opposants politiques, ou simplement tomber au mauvais (ou bon, selon le point de vue) moment.

C’est le cas de la “surprise d’octobre” de l’année 1964, l’une des plus marquantes, racontée dans la vidéo ci-dessous avec les enregistrements téléphoniques de l’époque. Le 7 octobre, le conseiller spécial du président sortant Lyndon B. Johnson (qui termine alors, en sa qualité de vice-président, le mandat de John Fitzgerald Kennedy, assassiné un an plus tôt), Walter Jenkins, est interpellé pour “trouble à l’ordre public” après avoir été surpris en compagnie d’un autre homme dans les toilettes d’une auberge de jeunesse de Washington, ce qui était alors illégal.

“Pendant 24 heures, républicains et démocrates ont retenu leur souffle en attendant de voir comment la nation réagirait, écrivait l’année suivante le quotidien Toledo Blade, cité par Politico. Et l’événement le plus incroyable peut-être de toute la campagne aura été que la nation a parfaitement fait face à l’affaire… en haussant les épaules”. L’événement a rapidement été balayé par d’autres surprises bien plus décisives, note Politico: la chute de Nikita Khrouchtchev en URSS, l’arrivée du parti travailliste au pouvoir en Grande-Bretagne, et les premiers tests nucléaires chinois. La rhétorique extrémiste du républicain Barry Goldwater ne séduit pas, et Johnson est largement réélu.

2016, l’année de toutes les “surprises d’octobre”

La presse américaine considère a posteriori que la première “surprise d’octobre” pourrait remonter à la campagne de 1800, avec “l’un des plus anciens exemples d’une attaque tardive contre un candidat”, selon Smithsonian. Et celle-ci a pu avoir des conséquences. 

En octobre de cette année, Alexander Hamilton, opposant de longue date au président en place John Adams, écrit un pamphlet au vitriol de 54 pages attaquant ce dernier. “Certains historiens pensent qu’Hamilton avait provisoirement perdu la tête… d’autres évoquent la possibilité que cette lettre lui ait été volée et ait été publiée sans son consentement”, commente l’historien Joseph Cummins. Quelle que soit la vérité historique, la lettre a bel et bien bousculé le scrutin, finalement gagné par Thomas Jefferson.

Plus récemment, le 29 octobre 2004, une vidéo d’Oussama Ben Laden se moquant de l’administration de George W. Bush a permis au président en place de remettre le sujet de la sécurité intérieure au centre du débat. Et de gagner 6 points d’avance sur son rival John Kerry la veille de l’élection, qu’il a remportée.

La révélation d’une vieille interpellation de George W. Bush pour conduite en état d’ivresse en 2000, ou l’ouragan Sandy en 2012 juste avant la réélection de Barack Obama, font aujourd’hui partie de ces “surprises d’octobre” des scrutins présidentiels américains. Mais une élection a sans aucun doute battu le record de “surprises”: celle qui a opposé Donald Trump à Hillary Clinton en 2016.

Une enquête du New York Times (déjà) sur les stratégies d’évitement des impôts de Trump, la révélation de l’enregistrement dans lequel il parle “d’attraper les femmes par la chatte”, mais aussi la réouverture par le FBI d’une enquête sur la messagerie privée d’Hillary Clinton… D’après les données du site américain FiveThirtyEight, cité par le Washington Post, cette dernière affaire est celle qui a eu le plus d’impact sur l’élection. Elle aurait fait perdre trois ou quatre points à la candidate démocrate dans les sondages. Assez pour lui faire perdre le vote du collège électoral alors qu’elle gagnait le vote populaire avec une avance de trois millions de voix.

 

À voir également sur Le HuffPost : Donald Trump a passé un sale quart d’heure face à cette journaliste



Source link

Comments (0)
Add Comment

- Advertisement -