Article 24: Les députés LREM n’ont “jamais été aussi en colère”

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Photo by THOMAS COEX / AFP

Le président du groupe LREM à l’Assemblée, Christophe Castaner

POLITIQUE – “C’est du grand n’importe quoi”, voilà comment résume, dépitée, une source parlementaire du groupe LREM ce 27 novembre au matin. La raison de son courroux? L’annonce, par Jean Castex la veille au soir de la création d’une “commission indépendante chargée de proposer une nouvelle écriture de l’article 24” de la très controversée proposition de loi “sécurité globale”. Le tout alors que les députés de la majorité ont “défendu bec et ongle cet article” alors qu’il a été imposé par Darmanin”, poursuit cette source, remontée. Elle dit n’avoir “jamais vu les députés de la majorité aussi en colère”.

Et pour cause, ils ont voté l’article 24 et la proposition de loi “sécurité globale” le 20 novembre dernier et se sentent “bypassés”, c’est-à-dire court-circuités, selon les mots de cette même source. Nombreux sont ceux qui sont montés au créneau dès jeudi soir pour critiquer ouvertement cette “commission” qui doit revenir sur un texte adopté sous la pression du gouvernement et notamment du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, dans la tourmente après la publication de nombreuses vidéos de violences policières, dont la dernière, révélée par Loopsider, à choqué jusqu’au Président de la République, Emmanuel Macron.

“Une humiliation”

En première ligne, les députés LREM de la commission des Lois, chargée d’étudier le texte en premier. “C’est une humiliation” dit franchement Naïma Moutchou, vice-présidente de la commission dans Le Monde. “L’insulte faite au Parlement et à la majorité est dévastatrice”, ajoute la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet, au même journal. A Libération, certains emploient le mot de “serpillière” ou de “paillasson” pour déplorer l’attitude du gouvernement vis-à-vis d’eux.

Un épisode qui n’est pas sans rappeler le vote de ces mêmes députés sur le congé de deuil. Forcés à le faire par le gouvernement puis obligés d’y revenir ensuite, les députés avaient gagné le surnom de “Playmobils” donné par l’opposition, pour dénoncer leur caractère “godillot”. C’était il y a un an.

Sur Twitter, certains évoquent déjà la possibilité de revenir sur l’article 24. Le député LREM Hugues Renson, vice-président de l’Assemblée nationale, s’oppose également à cette commission en faisant valoir les droits et le rôle du Parlement: “Si la loi votée suscite résistance et incompréhension, c’est au Parlement d’y revenir”.

Il entrouvre même la porte à un abandon du texte: “Et parfois, renoncer est plus sage que s’obstiner. Les comités Théodule pour sauver des dispositifs, ça ne fonctionne pas. Comment ne pas se remémorer 2006 et le CPE?”, interroge cet ancien chiraquien, en ajoutant le mot-dièse ironique ”#L’expérience”.

Le président du groupe, Christophe Castaner, a fait part dès jeudi soir de “son étonnement” auprès du Premier ministre et la colère est arrivée jusqu’au président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand.

Le député du Finistère, pilier historique de la majorité et très proche d’Emmanuel Macron, dit publiquement à l’AFP qu’il a fait part au Premier ministre de sa “vive émotion” et de son “opposition” à la création d’une telle commission.

À Matignon, juste avant cette dernière déclaration, on relativisait la portée de cette annonce. “Nous n’avons pas la volonté de ‘bypasser’ le Parlement. Nous n’avons pas encore eu le temps de leur expliquer les contours de cette commission, mais nous le ferons”, expliquait-on dans l’entourage de Jean Castex, ce 27 novembre. Le Premier ministre “veillera a échanger avec les responsables de la majorité sur le périmètre de cette mission”, précisait Matignon. Avant d’y renoncer sous la pression?

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