Au G20, nous allons défendre l’avenir des jeunes touchés de plein fouet par la crise du covid-19

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Alessandro Biascioli via Getty Images

“Pour les jeunes générations, l’avenir s’annonçait déjà morose. À cela s’ajoutent désormais une précarité devenue structurelle et un endettement massif qui finira par peser sur nos frêles épaules.” (Photo d’illustration Alessandro Biascioli via Getty Images

Près d’un an après l’apparition d’un nouveau virus devenu depuis bien trop familier, le monde demeure masqué. Masquées, les ambitions climatiques affichées par les Etats lors de la signature de l’Accord de Paris il y a 5 ans. Masquée, faute d’être aveugle, la justice sociale à laquelle les citoyens appellent pourtant de leurs vœux du Chili au Liban, de la France aux Etats-Unis. Masquée, la solidarité internationale, mantra des jours heureux délaissé en temps de crise. Masqué également l’horizon collectif, espoir commun de l’humanité, au bénéfice du repli sur soi. Masqués, enfin, les ambitions, les rêves, les aspirations, l’avenir même des jeunes générations

La politique internationale elle-même prend désormais les allures d’une vaste commedia dell’arte, où les acteurs, masqués, s’invectivent et redoublent d’improvisation. À ceci près que les comédiens du théâtre populaire italien étaient des “gens de l’art” autrement dit, des professionnels. 

Cet appel n’est évidemment pas celui de faire tomber (tous) les masques, mais bien de relever les consciences. Ne laissons pas l’agitation du monde devenir le grand horloger de la planète. Le règne de l’urgence n’est autre qu’un inquiétant présent perpétuel devant lequel s’effacent le passé et l’avenir. “Le passé n’éclairant plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres” nous met en garde Tocqueville. 

Pour les jeunes générations, l’avenir s’annonçait déjà morose. La crise climatique et l’explosion des inégalités semblaient s’unir dans un mariage de folie avec le retour de la rivalité entre puissances et l’émergence de nouveaux enjeux sécuritaires. À cela s’ajoutent désormais une précarité devenue structurelle et un endettement massif qui finira par peser sur nos frêles épaules. Pourtant, ce sont ces mêmes épaules qui doivent aujourd’hui se frayer une place légitime dans l’arène internationale. 

Nous sommes les sept délégués que la France a envoyés cette année au Y7 et Y20, le G7 et le G20 dédiés aux générations futures. Nous sommes Audrey, Benoit, Constance, Khadija, Rose, Théo et Thomas. 

Alors que le G7 a brillé par son absence et que les ambitions affichées par le G20 ne semblent pas à la hauteur de la crise, nous avons pris nos responsabilités et négocié, avec les jeunesses du monde, un message univoque à destination des chefs d’Etat et de gouvernement: ne délaissez pas les jeunes générations, car elles sont porteuses de l’avenir qui nous manque. 

Nous ne céderons pas à l’urgence. Nos recommandations reflètent l’engagement des jeunes générations des pays du G7 et du G20 en faveur d’un avenir durable et équitable :

– Les pays du G7 et du G20 doivent accélérer la réalisation des Objectifs de Développement Durable et respecter leurs engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris;

– Les pays du G7 et du G20 doivent garantir l’intégration socio-professionnelle des jeunes, notamment en stimulant l’entrepreneuriat des jeunes par la généralisation de l’accès au prêt à taux zéro, et en développant des formations d’avenir;

– Les pays du G7 et du G20 doivent promouvoir et renforcer le multilatéralisme, nécessité opérationnelle dans un monde où les menaces font fi de toutes frontières, que ce soit dans les domaines de la santé (accroître les capacités opérationnelles de l’Organisation Mondiale de la Santé), de la solidarité internationale (renforcer l’Aide Publique au Développement), ou de la fiscalité (lutter contre l’érosion des bases fiscales).

On dit souvent que les jeunes portent, sur le monde, un regard candide, ou pire: bienveillant. Cette fraîcheur, qui peut d’ailleurs s’exercer avec réalisme, est une force. Oui, une “nouvelle diplomatie” est possible, à condition qu’elle soit résolument tournée vers l’avenir. Les instances de diplomatie participative du G7 et du G20 sont une première étape. L’engagement des jeunes générations est indispensable et doit être considéré comme tel. Autrement, nous ferons peser sur les épaules des générations futures un poids encore plus lourd que celui qui nous accable aujourd’hui. 

Si notre jeunesse ne doit être qu’un ténébreux orage, il est grand temps qu’il soit traversé çà et là par de brillants soleils.

 

Les signataires de la tribune sont:

Constance Courtalon, Cheffe de la délégation française au Y20 et Théo Bernini, Chef de la délégation française au Y7 et tous les délégués 2020: Rose Venin, Benoît Piveteau, Khadija Ben Romdhane, Thomas Gasselin et Audrey Fontaine.

 

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