Brexit: face au "no deal", la France ne veut pas se laisser impressionner

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BREXIT – Nous y sommes. Ce jeudi 15 octobre, les chefs d’États européens se réunissent à Bruxelles pour un Conseil européen qui affichera tout en haut de son ordre du jour le “très sensible” sujet du Brexit. Une réunion que le chef du gouvernement britannique, Boris Johnson, a unilatéralement fixé comme date butoir pour trouver un accord.

Si l’Union européenne et Londres ont théoriquement jusqu’au 31 décembre 2020 pour s’entendre, la désignation de cette “deadline” est perçue comme une tentative de mettre la pression sur les 27, en laissant planer la menace d’un “no deal”. Ce qui, vu de Paris, n’impressionne guère, l’hypothèse d’une sortie sans accord étant jugée “très crédible” par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Poker menteur 

“Nous sommes préparés à toutes les éventualités”, a admis ce mardi 13 octobre le locataire du Quai d’Orsay devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, sans sous-estimer les effets de manoeuvres qui accompagnent généralement les déclarations britanniques depuis le référendum: “on sait l’habileté britannique à faire de la tactique”. 

En amont du Conseil européen de ce jeudi, l’Elysée délivrait un message similaire, tout en soulignant les contradictions venant d’outre-Manche. “Les Britanniques ont indiqué ces derniers jours qu’ils souhaitaient un accord. C’est en réalité un peu tard. Ils indiquent être prêts à faire preuve de flexibilité. Là encore, c’est bien, mais ça vient très tard au regard de leur position d’origine”, observe-t-on dans l’entourage d’Emmanuel Macron, qui mise sur l’unité des 27 et sur le fait que c’est davantage Londres qui a besoin de trouver un accord. Et que les ultimatums fixés par l’ex-maire de Londres (comme c’était déjà le cas au mois de juin) ne relèvent, au final, que du poker menteur. 

“Nous nous laisserons pas diviser”

“Il ne faut pas oublier que cette négociation résulte du choix souverain du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne. Il ne faut jamais oublier ce paramètre-là. Le Royaume-Uni a beaucoup à perdre en cas de no deal”, observe une source diplomatique. Qui ajoute: “l’enjeu pour Londres, c’est l’accès à un marché de 450 millions de consommateurs”. Dans ces conditions, pas question de faire de ce sommet européen autre chose qu’un “point de situation sur la négociation”, malgré les injonctions britanniques à conclure à cette occasion, ce qui donnerait à cette assemblée des airs de “négociation de marchands de tapis”. 

“Le point de non-retour, c’est le 31 décembre”, insiste l’équipe diplomatique d’Emmanuel Macron, jugeant “artificiel” le calendrier fixé par Boris Johnson. Selon l’AFP citant une source proche des discussions, le Premier ministre britannique devrait, de toute façon, attendre le résultat de cette réunion bruxelloise avant de prendre une décision sur la suite des pourparlers.

Selon un projet de conclusions provisoires obtenu par l’agence de presse, les dirigeants européens prévoient pour l’instant de constater “avec préoccupation” que “les progrès réalisés” dans les pourparlers “ne sont toujours pas suffisants” pour un accord. Il devrait également s’agir de s’entendre “sur la consolidation du mandat” de Michel Barnier, lequel sera invité à “intensifier les négociations”. Un conseiller élyséen résumait ainsi l’état d’esprit de ce sommet côté européen: “nous nous laisserons pas diviser”. Boris Johnson est prévenu. 

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