Ces mesures d’urgence à prendre pour la Seine-Saint-Denis en pleine flambée de covid-19

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CHRISTOPHE ARCHAMBAULT via Getty Images

Des habitants de Saint-Denis font leurs courses en portant des masques, le 10 novembre 2020. (Photo CHRISTOPHE ARCHAMBAULT/AFP via Getty Images)

Après 15 jours de confinement, les hôpitaux de la Seine-Saint-Denis sont dans une situation catastrophique et nos soignants, déjà durement impactés par la première vague sont à bout de force. Plus de 100% des lits de réanimation sont actuellement occupés par des patients du Covid-19. Visiblement, aucune leçon n’a été tirée de la première vague de l’épidémie alors que le taux de surmortalité départementale observé entre le 1er mars et le 27 avril avait atteint +128,9%. 

S’ajoute à cette crise sanitaire, la crise sociale et économique dont les effets frappent principalement les plus fragiles d’entre nous qui doivent soit cesser leur activité ou continuer d’exercer des missions essentielles alors qu’ils résident bien souvent dans des appartements de petite surface. Malgré l’implication des enseignants, les élèves ont durant cette année scolaire cumulé les difficultés et les inégalités de niveau seront bientôt impossibles à combler. Pour terminer ce constat, il est à noter que les demandeurs au sein des centres de distributions alimentaires ont augmenté de 70% en Seine-Saint-Denis. 

Le lundi 9 novembre, la Ministre déléguée chargée de la ville qui a bien conscience des difficultés  au sein des quartiers populaires a déclaré au nom du Gouvernement: “Nous nous y attelons avec beaucoup de force”… Mais où sont les mesures d’urgence? Pourquoi promouvoir des dispositifs déjà existants? Face à cette situation préoccupante, n’est-ce pas le moment pour l’État de réagir afin de ne pas reproduire les erreurs observées lors du premier confinement dans un département comme la Seine-Saint-Denis

L’Etat doit en urgence déployer des moyens pour nos hôpitaux qui sont en saturation complète afin d’accueillir les malades dans de bonnes conditions et enrayer la désertification médicale qui ne cesse de s’accentuer (54,6 médecins généralistes pour 100.000 habitants dans le 93 contre 71,7 sur le reste du territoire). De plus, l’Etat doit s’appuyer sur les collectivités locales pour tester un maximum afin de contrôler l’épidémie comme le prouve l’action efficace de Valérie Pécresse qui déploie 50 barnums de tests dans les gares franciliennes. 

De nombreux locataires vont avoir du mal à payer les loyers et des bailleurs sociaux n’arriveront pas à couvrir leurs frais. Le Gouvernement a annoncé une prime pour les bénéficiaires des APL mais n’est-ce pas le moment pour imaginer un crédit d’impôt pour les bailleurs qui renonceraient à percevoir leurs loyers? 

Pendant le premier confinement, de nombreux résidents de quartiers populaires ont vécu des moments compliqués car des trafiquants de drogue ont empêché beaucoup de monde de vivre en toute tranquillité. Afin que ces comportements inadmissibles ne se reproduisent pas, il faut que le ministère de l’intérieur déploie des effectifs et donne des moyens aux polices municipales qui sont les véritables polices de proximité.   

Même si les écoles sont ouvertes, les inégalités scolaires vont se creuser drastiquement car le soutien scolaire ne pourra plus se poursuivre. Là encore, il faut être innovant en créant une aide exceptionnelle en prêtant des tablettes numériques et solliciter les étudiants confinés pour faire du soutien scolaire à distance. Aussi, le Gouvernement doit agir rapidement pour faire vivre la chaîne de la solidarité qui effectue des distributions alimentaires avec l’aide des collectivités et ne pas attendre des images de détresse dans les médias, comme en avril 2020, pour débloquer des moyens car le fonds d’urgence “Quartiers Solidaires” de 20 millions d’euros à destination des associations de proximité ne sera pas suffisant.  

Enfin, nous devons faire appel à la générosité des Français et les inciter à faire des micro-dons. Cette bienfaisance s’articulerait par la mise en place d’une exonération à 100% pour les dons jusqu’à 100€ pendant 6 mois pour les associations caritatives qui effectuent des distributions alimentaires. Pour éviter les fraudes, la liste des associations devra être constituée par le couple maire-préfet. L’application de cette mesure d’urgence permettrait d’obtenir instantanément des fonds pour acheter des produits alimentaires et connecter les citoyens avec leurs associations locales. Pour répondre sur le coût d’une telle opération, combien coûteront les dégâts humains ou psychologiques de la crise? Le Président de la République n’a-t-il pas dit “quoi qu’il en coûte”? 

Dans l’urgence, les mesures de justice sociale doivent être étudiées avec pragmatisme car la solidarité ne se décrète pas, elle s’organise!

 

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