Covid-19 : le déficit des États-Unis atteint des records

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Le déficit budgétaire des Etats-Unis a grimpé à un niveau historique en 2020, en raison des dépenses engagées pour aider l’économie à faire face à la crise provoquée par le Covid-19. Il dépasse les 3 000 milliards de dollars, battant de très loin son précédent record. 

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Le Covid-19 a plongé les États-Unis dans la pire crise sanitaire depuis la grippe espagnole de 1918 et la pire récession depuis la crise de 1929, avec un déficit budgétaire record de plus de 3 000 milliards de dollars.

Le déficit de l’État fédéral pour l’exercice 2020 clos en septembre atteint 3 132 milliards de dollars, contre 984 milliards en 2019, soit un triplement, a dévoilé vendredi 16 octobre le Trésor américain. C’est de loin le plus important déficit jamais enregistré par les États-Unis, puisqu’il représente plus du double du précédent record.

L’année 2020 vient donc détrôner 2009, quand, en pleine récession liée à la crise financière, le déficit avait grimpé à 1.400 milliards de dollars. Les comptes de la première économie mondiale ont ainsi été plombés par l’explosion des dépenses publiques, qui ont « considérablement augmenté », souligne le Trésor dans son communiqué. Elles ont bondi de 47%, pour atteindre 6.500 milliards de dollars.

Le mois de mars avait en effet vu le Covid-19 se propager sur le territoire américain. Les travailleurs qui le pouvaient ont alors été contraints de travailler de chez eux, tandis que commerces et restaurants avaient dû fermer, licenciant, au moins temporairement, leurs salariés.

La Maison Blanche et le Congrès avaient adopté en urgence un plan de relance de 2 200 milliards de dollars, rallongé de 500 milliards en avril, et qui comprenait, entre autres, des chèques directs aux Américains, une aide supplémentaire pour les chômeurs, ou encore des prêts pour aider les petites et moyennes entreprises à continuer à payer les salaires.

Des millions de licenciements 

Ces mesures n’ont toutefois pas empêché des dizaines de millions de licenciements, faisant grimper à des niveaux jamais vus les allocations chômage, dont les droits avaient par ailleurs été ouverts à d’autres travailleurs, les indépendants notamment.

Résultat, les dépenses du département du Travail ont atteint en 2020, 477,5 milliards de dollars, soit 441,1 milliards de dollars de plus que prévu. « Cette augmentation est principalement attribuable à des dépenses plus élevées pour l’assurance-chômage », explique le Trésor dans son communiqué.

Le taux de chômage, qui était de 3,5% en février, a culminé à 14,7% en avril. Quant aux recettes, elles ont elles aussi contribué à faire grimper le déficit. Elles ont très peu diminué par rapport à 2019, mais le gouvernement fédéral, pensait initialement pouvoir récolter un peu plus d’argent. Mais la chute inattendue des revenus de millions d’entreprises et d’Américains a réduit le montant des impôts qu’ils ont versés.

Un nouveau plan de relance

Le déficit avait déjà fortement grimpé en 2019, frôlant les 1 000 milliards de dollars au moment pourtant où l’économie américaine était au meilleur de sa forme après dix années de croissance. Sans surprise, la dette s’alourdit aussi, pour atteindre 26 900 milliards de dollars à fin septembre.

Pour l’heure, l’État peut compter sur un coût de la dette contenu à la faveur de taux d’intérêt proches de zéro. Mais à long terme, le service de la dette risque de se traduire par une baisse de budgets alloués à des programmes d’éducation ou sociaux, ont mis en garde les économistes. 

Pourtant, Donald Trump, pendant sa campagne présidentielle de 2016, s’était lui-même surnommé « le roi de la dette », critiquant avec virulence les dépenses supposées trop larges engagées par les démocrates, sous l’administration Obama. 

L’administration Trump et les démocrates discutent depuis trois mois, pour tenter d’adopter un nouveau plan de relance, qui se heurte aux profonds désaccords entre les deux camps en particulier sur son montant, qui constituera un fardeau supplémentaire au budget de l’État.

Avec AFP



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