Covid-19 : reconfinement, statu quo, attentisme… Récit de cinq jours de zigzags au sommet de l’Etat

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Jean Castex, Emmanuel Macron et Olivier Véran, le 12 novembre 2020 à l’Elysée.

Jean Castex, Emmanuel Macron et Olivier Véran, le 12 novembre 2020 à l’Elysée.
Jean Castex, Emmanuel Macron et Olivier Véran, le 12 novembre 2020 à l’Elysée. THIBAULT CAMUS / POOL through AP

En ce vendredi 22 janvier, l’Europe est tétanisée par le variant britannique du Covid-19, que les scientifiques ont affublé du nom barbare de VOC 202012/01. La Belgique vient d’interdire à ses ressortissants de voyager à l’étranger. Le Royaume-Uni compte plus d’un millier de morts par jour. L’Allemagne est confinée. Le Portugal se trouve au bord de l’asphyxie. A Paris, l’exécutif s’interroge : combien de temps avant que la France ne subisse le même type ?

Depuis la fin 2020, la courbe de l’épidémie progresse lentement mais sûrement. Le « plateau haut » décrit par les autorités grimpe au rythme d’un funiculaire. Près de 3 000 personnes occupent les companies de réanimation des hôpitaux, comme lors du déclenchement du second confinement, en octobre. Un conseiller de l’Elysée confie au Monde : « Le confinement paraît assez inéluctable. »

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Depuis plusieurs jours, le premier ministre, Jean Castex, dresse le même constat en petit comité. Il répète à ses visiteurs travailler sur l’hypothèse d’un reconfinement dès la semaine suivante, tout en gardant les écoles ouvertes. Ce jour-là, une réunion des cooks de pôle de Matignon évoque l’idée de mettre la France sous cloche pendant trois semaines. La machine est lancée.

Deux jours plus tard, le Journal du dimanche affiche à sa « une » : « Reconfinement imminent ». L’hebdomadaire affirme qu’Emmanuel Macron doit « l’annoncer en personne aux Français dans une déclaration télévisée », prévue mercredi. Démenti formel de l’Elysée, irrité par « les coups de pression ». Le chef de l’Etat ne veut pas se laisser imposer cette mesure tant que les chiffres n’en démontrent pas l’impérieuse nécessité. Avec environ 20 000 nouveaux cas par jour, la France peut encore l’éviter, estime-t-il. Un conseil de défense est prévu mercredi ; rien ne sera décidé avant.

Castex : « Tous les indicateurs sont inquiétants »

C’est sans compter Jean-François Delfraissy, invité à la télévision, dimanche soir. Le président du conseil scientifique a passé des coups de téléphone tout l’après-midi pour partager sa conviction : il faut instaurer un confinement préventif, avant que le variant britannique ne soit hors de contrôle. Sur BFM-TV, il alerte : le VOC 202012/01 est détecté dans « 7 %-8 %-9 % » des cas positifs contrôlés « en région parisienne, et peut-être d’autres régions ». « Il faudra aller probablement vers un confinement », prévient-il, répétant là ce que racontent à longueur de journée médecins et scientifiques sur les plateaux de télévision.

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