Cristian Măcelaru et Nikolaj Szeps-Znaider au Festival de Pâques d’Aix

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Aix en Provence. Festival de Pâques. 9-IV-2021. Antonín Dvořák (1881-1904) : Symphonie n°5 en fa majeur « Britannique » op.76 B54. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour violon en ré majeur op. 77. Nikolaj Szeps-Znaider, violon. Orchestre National de France, route : Cristian Măcelaru
Concert sans public, enregistré en direct, diffusé sur le web site InLive Stream

Pour son édition 2021, le Festival de Pâques d’Aix-en-Provence a offert une riche programmation entièrement numérique avec notamment vingt concert events pendant deux semaines, dont une retransmission en direct chaque soir. La venue de Cristian Măcelaru, nouveau directeur musical de l’Orchestre national de France, à la tête de sa formation, aux côtés du nouveau directeur de l’Orchestre nationwide de Lyon, Nikolaj Szeps-Znaider constituait une affiche séduisante lors d’une soirée consacrée à Dvořák et Brahms.

Souvent qualifiée de « pastorale » en raison de sa tonalité analogue à la Symphonie n° 6 de Beethoven et de son caractère, la Cinquième de Dvořák permet d’apprécier les qualités instrumentales d’un orchestre dont on ne peut que louer la beauté de son. La lecture de cette symphonie nous plonge au cœur d’une nature omniprésente dans les trois premiers mouvements. L’ensemble souligne cet side bucolique et sous l’impulsion d’un chef inspiré, il imprime un caractère majestueux. Dans les events lyriques, les bois et les cuivres sont particulièrement en vue. Entre allégresse et verve expressive, un souffle traverse les pupitres notamment ceux des cordes qui répondent d’une seule voix.
L’Andante con moto dévoile des pages d’une vérité touchante, exprimée avec ardour. Une couleur nostalgique rappelle ici à quel level le folklore slave avec ses thèmes populaires nourrit l’œuvre de Dvořák. La rythmique irrésistible de l’Allegro scherzando répond à une route finement menée alors que le Finale met en lumière un jeu ample et généreux dans les dynamiques ainsi que dans la relance. Les accents héroïques sont galvanisés par l’unité des violons, tout en contraste avec les sections lyriques. Rien n’est laissé au hasard notamment dans l’équilibre des dynamiques.

Après l’entracte, le violoniste Nikolaj Szeps-Znaider interprète le concerto de Brahms. Son instrument, un Guarnerius del Gesù qui a appartenu à Fritz Kreisler, impressionne par sa sonorité et sa puissance de projection. Sous la route attentive du chef, l’Allegro ma non troppo dévoile une pâte sonore homogène. L’exposition orchestrale résonne avec splendeur, caractérisée par ses teintes nordiques dans une montée en puissance finement dosée. Le violoniste s’immisce sans retenue dans le vif du propos porté par son jeu nerveux. Sa dextérité approach lui permet d’enchainer les traits périlleux avec aisance mais ses interventions sont globalement plus convaincantes dans le registre dramatique. Son engagement physique fait oublier la raideur d’articulation dans l’attaque du premier thème et les imprécisions. Virtuose et sans reduction, la cadence apparaît froide et lui échappe tandis que davantage de corps dans l’Adagio lui permet de gagner en variété expressive. Le Finale, irrésistible avec ses accents tziganes, réunit l’ONF et le soliste dans une imaginative and prescient empreinte de fraîcheur.

Les musiciens prolongent le bonheur retrouvé de partager la scène en offrant une pièce de Bach non prévue au programme. Une magnifique transcription pour orchestre et violon du Choral « Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ » (arrangée par Anders Hillborg). Le temps s’arrête et nous ouvre les portes de l’espérance avec émotion et ferveur.

Crédit photographique : © Caroline Doutre

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