Des Népalais réussissent la première ascension hivernale du K2, deuxième plus haut sommet du monde

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L’alpiniste polonaise Magdalena Gorzkowska tente l’ascension du K2 en hiver, au Pakistan, sur cette photo non datée.

L’alpiniste polonaise Magdalena Gorzkowska tente l’ascension du K2 en hiver, au Pakistan, sur cette photo non datée.
L’alpiniste polonaise Magdalena Gorzkowska tente l’ascension du K2 en hiver, au Pakistan, sur cette photo non datée. #GORZKOWSKAINPOSTK2WINTER / via REUTERS

Une équipe népalaise a réussi, samedi 16 janvier, la première ascension hivernale du K2, le deuxième plus haut sommet de la planète (8 611 mètres) et le seul « 8 000 » qui n’avait encore jamais été gravi en hiver, abattant ainsi l’un des derniers grands mythes de l’alpinisme.

Cet exploit a toutefois été terni par la mort d’un grimpeur n’appartenant pas à l’équipe. L’Espagnol Sergi Mingote, qui n’avait pas choisi de s’attaquer samedi au sommet, a chuté mortellement en redescendant d’un camp intermédiaire vers le camp de base.

« Nous sommes fiers d’avoir pris part à l’histoire de l’humanité et montré que collaboration, travail d’équipe et une attitude mentale positive permettent de repousser les limites », a déclaré sur Instagram Nirmal Purja. Cet ex-soldat des forces spéciales britanniques, qui avait gravi en 2019 les quatorze « 8 000 », avec oxygène, en six mois et six jours, est le leadeur de cette équipe avec Mingma Gyalje Sherpa, une autre star de l’alpinisme népalais.

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Les dix Népalais se sont rassemblés juste sous le sommet du K2, situé sur la frontière sino-pakistanaise dans le massif du Karakoram et réputé comme l’une des montagnes les plus dangereuses au monde, pour gravir ensemble les derniers mètres.

Connus depuis des décennies pour leur aptitude à la haute montagne, les Népalais n’avaient encore jamais placé le moindre grimpeur sur une première ascension hivernale d’un sommet de plus de 8 000 m, une spécialité longtemps restée la chasse gardée des Polonais.

11 morts en août 2008

Le K2 était le dernier « 8 000 » à résister aux efforts de l’homme en hiver. Il avait été conquis pour la première fois – en été – en 1954 par les Italiens Lino Lacedelli et Achille Compagnoni. Une poignée d’expéditions avaient tenté l’ascension hivernale, depuis la première en 1987-1988. Mais personne n’était encore monté au-dessus de 7 650 m. Toutes s’étaient brisées sur les conditions extrêmes du K2, soumis en hiver à un vent très violent pouvant atteindre 200 km/h. Les températures peuvent descendre jusqu’à − 60 °C sur les parties sommitales.

Comme le montre la mort de Sergi Mingote, les risques encourus sont multiples sur le K2, où plus 80 personnes ont péri, contre près de 450 qui en ont réussi l’ascension.

Membres de trois des quatre équipes initiales, les Népalais se sont regroupés et ont su faire preuve d’audace en profitant d’une fenêtre de beau temps, sans vent, pour se lancer à l’assaut du sommet. Dans des conditions météorologiques optimales, ils ont franchi les dernières difficultés techniques, dont le redouté « Bottleneck », un passage étroit fortement incliné et surplombé par un sérac, où 11 personnes parties ensemble avaient trouvé la mort en août 2008, dans la pire tragédie qu’ait connue le K2.

Ce succès a été salué comme il se doit au Népal. « C’est une fantastique nouvelle. Pendant des décennies, les Népalais ont aidé les étrangers à gravir les sommets de l’Himalaya, mais nous n’avons pas reçu la reconnaissance que nous méritions », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Kami Rita Sherpa, guide népalais qui a escaladé 24 fois l’Everest, un record. « Sincères félicitations aux alpinistes népalais pour cette première et historique ascension du K2 en hiver. Personne ne le mérite autant qu’eux », a réagi l’association des Himalayistes polonais.

Le Monde avec AFP



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