Des salariées de McDonald’s témoignent d’agressions et harcèlement

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Edward Berthelot via Getty Images

La devanture d’un restaurant McDonald dans le 14e arrondissement de Pari, le 15 mars 2020 (image d’illustration)(Photo by Edward Berthelot/Getty Images)

RESTAURATION – Les témoignages sont nombreux et édifiants. Mediapart et StreetPress publient ce lundi 12 octobre deux enquêtes sur de nombreux restaurants franchisés McDonald’s en France, en lien notamment avec le collectif McDroits qui a dévoilé ce week-end une large campagne d’affichage. Les articles relaient des faits qui relèvent du sexisme et du harcèlement, mais font également état d’au moins deux agressions sexuelles. En interne, des directions sont également accusées de ne pas avoir fait le nécessaire. 

Plusieurs salariés ou ancien salariés décrivent ainsi un sexisme et des  discriminations institutionnalisés, où les employés sont selon leur physique placé du plus loin au plus près des clients. Une salariée contactée par StreetPress raconte qu’un jour “elle aurait surpris son manager qui explique ‘choisir les salariées à fortes poitrines pour les caisses afin d’attirer les clients’ Elle devine la raison de son affectation au comptoir”. 

DansMediapart, des témoignages similaires évoquent des remarques, des insultes, des commentaires déplacés et récurrents à l’égard des femmes: “Je suis arrivée avec trois filles. Une deuxième vague de recrutement est venue après, avec deux nouvelles salariées. ‘Vous êtes beaucoup plus fraîches que celles qui arrivent’, ont dit des équipiers hommes qui étaient déjà présents (…) Ils avaient comme un tableau et ils se partageaient les filles du MacDo qui n’étaient pas déjà en couple”. Une autre raconte également: “Comme je portais des lunettes, l’un d’eux aimait bien dire ‘femme à lunettes, femme à quéquette’, en me regardant du coin de l’œil”.  

D’autres employés relatent également des propos racistes, où dans un restaurant le mot “bamboula” était régulièrement utilisé. Il est également question de propos et comportements biphobes, lesbophobes et transphobes.  Une jeune femme trans raconte de son côté que la directrice de son établissement obligeait ses collègues à l’appeler par son prénom masculin.

Dans une plainte pour des faits relevant d’un restaurant de l’Ouest Parisien, plusieurs salariées pointent à cet égard l’inaction de la direction. Une salariée qui raconte qu’un salarié en était venu à “se toucher les parties génitales par-dessus le pantalon, tout en ayant des propos salaces”, a prévenu sa direction juste avant de partir, mais n’a jamais été recontactée. 

Des témoignages d’agressions sexuelles

Mediapart et StreetPress relaient également des faits graves susceptibles de relever de l’agression sexuelle et du viol. Dans le second, il s’agit d’une ancienne responsable juridique d’un franchisé qui gérait trois restaurants. Cheville ouvrière d’un licenciement qu’elle juge abusif, elle prend finalement ses distances avec les orientations de sa direction. En 2016, son directeur l’aurait forcée à poser la main sur son sexe. Malgré une grave période de dépression, elle finira par porter plainte au pénal. 

Dans Mediapart, une jeune équipière raconte, elle, le viol que lui aurait fait subir son manager à l’occasion d’une soirée entre collègues. Des faits qu’elle aurait relaté peu après à certains collègues, ce que ces derniers ont confirmé. 

Le manager avait déjà fait preuve d’une attitude physiquement déplacée à l’égard des femmes en équipes et de réflexions humiliantes. “Auprès d’autres collègues féminines aussi il avait des regards, des remarques, des commentaires déplacés…”, confirme un étudiant salarié de ce restaurant. Des faits supposés qui sont remontés à la direction. Aucune sanction n’a été imposée au manager en question. De son côté, la jeune femme indique avoir eu peur de porter plainte. 

En parallèle des 38 témoignages recueillis par Mediapart et StreetPress, le collectif McDroits fait état de 40 autres. Certaines procédures judiciaires ou prudhommales sont toujours en cours. Les deux médias ont systématiquement contacté les restaurants concernés ainsi que le groupe McDonald’s France, qui n’est pas responsable juridiquement des établissements franchisés. La branche française du groupe se refuse ainsi ”à tout commentaire de situation individuelle, d’instruction interne ou juridique qui serait en cours” mais assure avoir mis en place des formations en interne et rester vigilante à tout comportement inadmissible.

L’enseigne, qui se targue de ses bons résultats au sein de l’index “égalité femmes-hommes” développé par le Ministère du travail, condamne toutefois “avec la plus grande fermeté tous comportements qui porteraient atteinte à la dignité des personnes en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, ou créeraient une situation intimidante, hostile ou offensante”.

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