Elections américaines : la diffusion d’un article controversé sur Biden place Twitter et Facebook dans la difficulté

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Dans la « war room » de Facebook où travaille l’équipe chargée de lutter contre la manipulation de l’information, à Menlo Park (Californie), en 2018. NOAH BERGER / AFP

Partagés entre la liberté de parole et le contrôle de fausses informations, les réseaux sociaux marchent souvent sur des œufs. Jack Dorsey le patron de Twitter, s’est ainsi senti obligé de clarifier la situation au terme d’une journée de polémique autour d’un article de presse controversé, dont Facebook et Twitter ont limité le partage en ligne.

« Notre communication sur nos actions concernant l’article du New York Post n’a pas été géniale. Et bloquer le partage de l’adresse Internet de l’article avec zéro contexte expliquant pourquoi : inacceptable », a déclaré le fondateur du réseau social, mercredi 14 octobre soir.

Barbancourt

le rhum des connaisseurs

A seulement trois semaines de la présidentielle, le journal conservateur New York Post a publié des e-mails qui ont été récupérés illégalement sur un ordinateur contenant des messages, des photos et des vidéos personnelles du fils de Joe Biden, Hunter Biden, qui a siégé de 2014 à 2019 au conseil de surveillance du groupe gazier ukrainien Burisma. Le quotidien a obtenu ces documents par le biais d’un proche de Donald Trump, l’ancien maire de New York Rudy Giuliani.

Le New York Post affirme que ces messages permettent de relancer les accusations prononcées contre le candidat démocrate à la Maison Blanche par le camp de Donald Trump, selon lesquelles il aurait aidé la société Burisma à échapper à des enquêtes pour corruption lorsqu’il était le vice-président de Barack Obama. Joe Biden a toujours nié avoir discuté avec son fils de ses activités à l’étranger quand il était au pouvoir.

Censure

L’un des dirigeants de Facebook, Andy Stone, a mis en doute la véracité de ces messages électroniques et il a annoncé que les informations du quotidien allaient faire l’objet d’une vérification. En attendant ces résultats, leur visibilité serait réduite sur la plateforme, a-t-il indiqué.

Le compte Twitter dédié à la sécurité de la plate-forme a déclaré bloquer le partage de l’article parce qu’il contient des documents qui enfreignent deux de ses règles : ne pas publier de données personnelles (e-mails, numéros de téléphone) et ne pas publier d’éléments piratés. « Nous ne voulons pas encourager le piratage en autorisant la diffusion de documents obtenus illégalement », a expliqué l’entreprise via ce compte, rappelant que discuter de l’article n’était pas interdit, seulement le partage.

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Mais les clarifications sont arrivées après une journée de critiques enflammées contre les réseaux. De nombreux républicains ont accusé Twitter et Facebook de censure pendant la journée de mercredi, notamment le plus actif d’entre eux, Donald Trump. « [C’est] si affreux que Twitter et Facebook aient retiré l’article sur les courrielsaccablantsliés à Joe Biden l’endormi et son fils, Hunter, dans le New York Post », s’est indigné le président américain sur son réseau favori.

Donald Trump a plus tard accusé le réseau social à l’oiseau bleu d’avoir bloqué le compte de sa porte-parole, Kayleigh McEnany, pour avoir partagé l’article. « Parce qu’elle a partagé la vérité ! Ils ont fermé son compte », « ils essaient de protéger Biden », a-t-il clamé lors d’un rassemblement dans l’Iowa.

« Machine de propagande »

Le sénateur républicain Josh Hawley a, lui, dénoncé la « partialité » de Facebook et un blocage « semble-t-il sélectif » d’un article sur « un acte potentiellement contraire à l’éthique d’un candidat à la présidence ».

Dans un éditorial, le New York Post, l’un des quotidiens les plus lus dans le pays, a fustigé la « censure de Facebook pour aider la campagne de Joe Biden ». « Censurez d’abord, poser les questions après : c’est une attitude scandaleuse pour l’une des plateformes les plus puissantes aux Etats-Unis », poursuit l’éditorial, accusant Facebook d’être devenu « une machine de propagande ».

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Burisma a été au centre du procès historique en destitution visant Donald Trump, accusé d’avoir fait pression sur l’Ukraine pour que Kiev enquête sur Joe Biden et les activités de Hunter Biden. Le président américain a été acquitté en février.

L’article du New York Post rappelle l’affaire concernant Hillary Clinton, la candidate démocrate en 2016, dont des e-mails piratés par des hackers russes avaient été diffusés sur Internet par des sites anonymes et par WikiLeaks.

Dans leurs efforts pour protéger les élections des manipulations, les grandes plates-formes ont promis d’être intransigeantes vis-à-vis de ces tactiques de type « hack-and-leak », où des entités, souvent liées à des Etats, donnent des informations piratées aux médias et se servent des réseaux pour les propager.

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Le Monde avec AFP



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