Enquête sur le PNF: Dupond-Moretti laissera Jean Castex décider des suites

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CHRISTOPHE ARCHAMBAULT via Getty Images

Eric Dupond-Moretti à l’Assemblée nationale le 6 octobre 2020 (Photo by CHRISTOPHE ARCHAMBAULT/AFP via Getty Images)

PARQUET – Comme un premier drapeau blanc. Sur Facebook, ce lundi 12 octobre dans la soirée, le ministre de la Justice  Eric Dupond-Moretti a indiqué que c’est Jean Castex, le Premier ministre qui décidera des suites à donner concernant l’enquête administrative contre des procureurs du Parquet national financier.

Une annonce qui devrait apaiser les syndicats de magistrature, alors qu’Eric Dupond-Moretti est accusé par ces derniers de conflits d’intérêts. “Les syndicats me demandent de passer la main au Premier ministre. Ils me demandent de transmettre le rapport d’enquête administrative quand il sera bien évidemment rendu. Et c’est au Premier ministre qu’il appartiendra de statuer, et bien très bien. Moi ça ne me gêne en rien. Soit le rapport dit qu’aucune faute n’a été commise, et je serais le Garde des Sceaux le plus heureux du monde. Soit des fautes ont été commises et nous verrons alors la décision que prendra le Premier ministre”, détaille le ministre. 

Le Garde des Sceaux a ordonné fin septembre l’ouverture d’une enquête administrative après un rapport sur les investigations du PNF pour identifier la “taupe” qui aurait pu informer Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog – un ami proche de Dupond-Moretti – qu’ils étaient sur écoute dans une affaire de corruption.

Les données téléphoniques de plusieurs ténors du barreau, dont Eric Dupond-Moretti, avaient été épluchées. Ce dernier avait déposé une plainte avant de la retirer à sa nomination comme ministre en juillet. L’enquête qui avait ensuite été ouverte pour “abus d’autorité” et “atteinte à la vie privée” après cette plainte a récemment été classée sans suite en “l’absence d’infractions”. 

Tollé dans la magistrature

Le lancement de cette enquête administrative à l’encontre du PNF a suscité un véritable tollé au sein des organisations représentatives de la magistrature. l’Union syndicale des magistrats (USM) et le Syndicat de la magistrature (SM), les deux principaux syndicats de magistrats, avaient notamment demandé au président de la République de trouver “une solution” au “conflit d’intérêt” du garde des Sceaux. 

Les deux principaux syndicats de magistrats avaient récemment annoncé “refuser” de parler au ministre et s’en remettre au président ou au Premier ministre.

“J’ai un peu de mal à comprendre pourquoi il passe la main s’il dit qu’il n’y a pas de conflit d’intérêts”, a réagi Céline Parisot, présidente de l’Union syndicale de la magistrature (USM, majoritaire) lundi soir.

“Il se moque de nous”, a approuvé Katia Dubreuil, présidente du SM (classé à gauche). “Comment on peut être rassuré quand on voit qu’il dit ‘je vais donner la main au Premier ministre’ comme si on avait fait un caprice?”

Eric Dupond-Moretti, lui, dénonce à nouveau une affaire montée de toute pièce et instrumentalisée contre lui à des fins politiques et réfute tout conflit d’intérêt. Dans sa vidéo le Garde des Sceaux estime qu’il s’agissait d’une “diversion” des syndicats qui disent “non à tout” et ne veulent pas “parler des vrais sujets”.

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