Excellent récital de lieder de Mahler par Christiane Karg et Malcolm Martineau « À Emporter « ResMusica

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Gustav Mahler (1860-1911) : Rückert Lieder ; Lieder und Gesänge (Hans und Grete, Erinnerung, Phantasie, Nicht wiedersehen, Ich ging mit Lust) ; Des Knaben Wunderhorn (Rheinlegendchen, Wer hat dies Liedlein erdacht, Ablösung im Sommer, Scheiden und Meiden, Des Antonius von Padua Fischpredigt, Das irdische Leben, Wo die schönen Trompeten blasen, Das himmlische leben). Christiane Karg, soprano ; Malcolm Martineau, piano ; Gustav Mahler, piano Welte-Mignon pour Ich ging mit Lust et Das himmlische Leben. 1 CD Harmonia Mundi. Enregistré du 30 avril au 3 mai 2019 au Bayerische Rundfunk, studio 1, Munich. Textes de présentation en français, anglais et allemand. Durée : 66:44

Décidément, le tandem Karg-Martineau s’entend bien. Après différents CD de lieder de Strauss, Schumann, Brahms et d’autres mélodies, fort bien accueillis, les voici qui gravent des lieder de Mahler. Bien leur en prend : la réussite est totale, et on peut même se demander s’ils ne sont pas en train de poser un modèle d’interprétation mahlérienne.

Gustav-Mahler_Christiane-Karg_Malcolm-Martineau_Harmonia-MundiLa soprano Christiane Karg n’est plus à présenter. Cette Pamina, Sophie ou Micaëla est aussi (ou même, avant tout ?) une remarquable Liedersängerin. La voix est superbe, souple, parfaitement homogène, et elle sait jouer des nuances et des colorations de la voix pour servir le Lied qu’elle interprète. En outre, elle projette un allemand admirable, totalement transparent. Sur une telle palette d’expressivité, elle choisit les couleurs idoines à chaque poésie avec un sens artistique consommé, sans jamais tomber dans cette sophistication qui a été jadis encensée puis décriée, et qui ne convient pas à Mahler. Elle peut blanchir sa voix, tout comme elle parvient à lui donner des petits accents de gouaille presque imperceptibles, ou la charger de tendresse ou d’affection maternelle. On a plusieurs fois applaudi les talents de Malcolm Martineau comme accompagnateur de lieder. Sa façon de rentrer doucement dans le climax émotionnel de chacune des petites pièces qu’il aborde est exceptionnelle. Il le fait en modelant ses phrases avec élégance et discrétion, avec un toucher d’un moelleux très délicat.

Ensemble, nos artistes font systématiquement mouche et évitent tous les écueils : celui de l’hédonisme tout en faisant une musique incroyablement belle, celui du romantisme en assumant pleinement l’émotivité des poèmes, celui de expressionnisme en marquant néanmoins la violence intrinsèque, voire l’ironie quand elle est présente dans les textes, sans la moindre faute de goût ou de style. En mordant à pleines dents dans les phrases musicales et dans les mots des poésies, ils font surgir la poésie, l’humour ou le drame, et l’émotion nous prend à chaque morceau, discrètement mais profondément. « Ich atmet’ einen linden Duft » devient étonnamment vaporeux, mystérieux, « Um Mitternacht » devient une nuit transfigurée. Il faudrait citer chaque lied… « Nicht wiedersehen » chanté avec le maximum de simplicité devient un déchirement presque insupportable. Cette impression de redécouvrir des lieder aussi connus ne peut pas nous tromper : cette interprétation par Christiane Karg et Malcolm Martineau est une merveille d’équilibre et de vérité musicale.

Pour les deux derniers lieder, Ich ging mit Lust et le Himmlische Leben de la Symphonie n°4, Christiane Karg a choisi de brancher sur le piano les rouleaux du piano Welte-Mignon, qui font jouer l’instrument ainsi que Mahler lui-même l’aurait fait. Cela est bien sûr émouvant, mais on peut se demander si les compositeurs sont forcément les meilleurs interprètes d’eux-mêmes. Le jeu métronomique de Mahler ne s’accommode pas très bien avec le lyrisme naïf et un peu extasié du poème, et Christiane Karg fait son possible pour y insuffler un peu de douceur féminine, un peu de rêve.

Seul reproche à ce disque remarquable : le « Verlor’ne Müh’ » identifié dans le livret et accessible en téléchargement sur les plateformes musicales est absent du CD. Une erreur lors de la mise en presse ? Ce n’est pas grave, la dénomination de vente stipulant « Lieder aus Des Knaben Wunderhorn », mais tout de même, c’est désagréable à découvrir.

 

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Gustav Mahler (1860-1911) : Rückert Lieder ; Lieder und Gesänge (Hans und Grete, Erinnerung, Phantasie, Nicht wiedersehen, Ich ging mit Lust) ; Des Knaben Wunderhorn (Rheinlegendchen, Wer hat dies Liedlein erdacht, Ablösung im Sommer, Scheiden und Meiden, Des Antonius von Padua Fischpredigt, Das irdische Leben, Wo die schönen Trompeten blasen, Das himmlische leben). Christiane Karg, soprano ; Malcolm Martineau, piano ; Gustav Mahler, piano Welte-Mignon pour Ich ging mit Lust et Das himmlische Leben. 1 CD Harmonia Mundi. Enregistré du 30 avril au 3 mai 2019 au Bayerische Rundfunk, studio 1, Munich. Textes de présentation en français, anglais et allemand. Durée : 66:44

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