Faute de « soutien clair » du gouvernement, les membres de la convention climat en appellent à Emmanuel Macron

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Emmanuel Macron, le 29 juin, lors de la convention citoyenne pour le climat. CHRISTIAN HARTMANN / REUTERS

Les membres de la convention citoyenne pour le climat en ont appelé, lundi 12 octobre, à l’« engagement formel et public » d’Emmanuel Macron face au manque d’« ambition générale » pour le climat et à l’absence de « soutien clair » du gouvernement à leurs propositions. Le président, qui avait voulu cette convention citoyenne, s’était engagé fin juin à reprendre 146 de ses 149 propositions visant à réduire d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre de la France.

Mais depuis, des déclarations de ministres quant au malus en fonction du poids des véhicules neufs, à l’écotaxe sur le transport aérien, ou les propos de M. Macron lui-même sur les opposants à la 5G – comparés aux Amish – ont suscité des inquiétudes chez les écologistes. Et les accusations de détricotage des propositions de la convention pleuvent, certains accusant des membres de gouvernement de s’octroyer le droit d’écarter d’autres mesures, en plus des trois « jokers » du président.

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Consulter : Les principales propositions de la convention pour le climat passées au crible

« @EmmanuelMacron, ça ne vous dérange pas que vos ministres tirent à vue sur votre engagement à reprendre les 146 propositions » ?, lançait encore lundi le Réseau Action Climat. Dans ce contexte, Les 150, « l’association des citoyens de la convention climat », a décidé d’« interpeller personnellement et directement » le président de la République dans une lettre publiée en ligne. « Nous avons le sentiment de manquer d’un soutien clair et défini de la part de l’exécutif dont les prises de position nous apparaissent parfois contradictoires », écrivent-ils, ajoutant :

« Dans une période où des communications ouvertement hostiles à nos propositions sont formulées par certains acteurs professionnels, des déclarations ministérielles discordantes sur les sujets de l’aérien, de la publicité, du déploiement de la 5G, de la baisse de la TVA [taxe sur la valeur ajoutée] relative au transport ferroviaire, ou d’autres, viennent renforcer le trouble et obscurcir la parole présidentielle […], nous vous demandons donc de réaffirmer votre engagement formel et public en faveur de l’examen sans filtre de nos propositions. »

« Rassurer les gens à qui on demande des changements profonds »

« Entre petites phrases, désillusions et détricotage… est-on toujours #sansfiltre ? », s’est interrogé de son côté Sylvain Burquier, l’un des 150, dans un Tweet accompagné d’un émoji « lampe à huile », en référence aux déclarations du président sur les Amish. Le premier ministre avait reçu fin septembre, pour les rassurer, les représentants des 150 qui sont associés à l’élaboration d’une loi spécifique censée reprendre une partie de leurs propositions.

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Mais il y a quelques jours, l’exécutif lui-même reconnaissait envisager de reporter certaines mesures, le justifiant par la récession due à la crise du Covid-19. « Nous sommes déterminés à conduire cette transition écologique (…), mais cette transition ne peut être menée que si on arrive à réconcilier nos concitoyens, c’est-à-dire à rassurer les gens à qui on demande des changements profonds, à accompagner les secteurs à qui on demande des changements rapides », déclarait ainsi M. Macron la semaine dernière.

Certains secteurs pourvoyeurs de nombreux emplois, mais aussi de pollution, l’aérien et l’automobile en premier lieu, ont été particulièrement touchés par la crise. Des difficultés économiques que les « citoyens » n’éludent pas. « Nous sommes à l’écoute des contraintes et conscients des défis que soulève la mise en œuvre de nos préconisations », assurent-ils au chef de l’Etat.

« Mais nous ne pouvons continuer à défendre chacune d’entre elles quand nous peinons à trouver dans les actions du gouvernement l’ambition générale d’une transition écologique efficace. » Ils estiment même que « les interprétations » de certaines de leurs propositions « ont pour seul effet de nous éloigner de la mission [qui leur avait été] confiée : réduire d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre de la France d’ici à 2030 ».

Des « efforts sans précédents », selon Emmanuel Macron

« Certaines de vos mesures méritent des ajustements, nécessitent une temporalité différente de celle que vous proposez, mais cela ne remet en rien en cause votre ambition, ni la mienne », a déclaré lundi M. Macron, dans une réponse qu’a pu consulter Franceinfo. Le président rappelle que, « dès cet été », de premières mesures issues du rapport ont été adoptées.

M. Macron cite également les « efforts sans précédent » pour la rénovation énergétique ou les moyens pour la reconversion des friches urbaines. « Au total, ce sont près d’une trentaine de vos propositions qui sont déjà, soit totalement, soit partiellement, mises en œuvre », assure-t-il.

Quant aux propositions sur le transport aérien, la voiture ou la publicité, qui « font débat dans notre société et suscitent des oppositions fortes », le président y voit « un débat sain », signe « d’une vitalité du débat sur la transition écologique ».

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Le Monde avec AFP



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