la CEDEAO optimiste, des observateurs sceptiques

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En visite, dimanche, à Bamako, Nana Akufo-Addo, président en exercice de la CEDEAO, a dit sa satisfaction de la mise en œuvre de la transition au Mali. Mais si la CEDEAO est maintenant optimiste, tout le monde n’est pas encore contaminé par cet état d’esprit.

Quelques jours après la levée des sanctions à l’encontre du Mali, le président en exercice de la CEDEAO, le Ghanéen Nana Akufo-Addo, a effectué, dimanche, dans le pays, une visite, accompagné du médiateur désigné par l’organisation régionale, l’ancien Président nigérian Goodluck Jonathan, et le président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Brou. Après avoir rencontré le président de la Transition, Bah N’Daw, et le vice-président, le colonel Assimi Goïta, chef de la junte, ainsi que le Premier ministre, Moctar Ouane, Nana Akufo-Addo a exprimé toute sa satisfaction. « Pour le moment, toutes les actions entreprises par les autorités de transition nous donnent bon espoir qu’elles tiennent les engagements pris envers nous (…) Le Mali est sur la bonne voie (…) Je peux dire que la transition est bien partie », a-t-il déclaré.

Les propos du Président ghanéen ont été appuyés par Jean-Claude Brou à travers le communiqué final qu’il a lu : « Le président de la conférence de la CEDEAO a pris note des progrès réalisés dans la mise en œuvre des décisions de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement, depuis le 18 août 2020, notamment la libération des personnalités civiles et militaires qui étaient en détention, la mise en place des nouvelles autorités de la Transition et l’adoption de la Charte de la transition. Le président de la conférence a pris acte des informations sur la mise en place prochaine du Conseil national de transition dans un processus inclusif. Il a exhorté les autorités de la Transition à finaliser le calendrier du processus électoral pour arriver aux élections présidentielle et parlementaires dans le délai indiqué ».

L’optimisme de la CEDEAO n’est toutefois pas partagé par tout le monde

Si la CEDEAO, qui a longtemps hésité avant de lever les sanctions contre le Mali, fait aujourd’hui preuve d’optimisme, ce n’est pas le cas chez tous les observateurs de la situation dans le pays. C’est le cas de Ibrahima Kane, chercheur en charge des questions régionales à OSIWA (Open society initiative for West Africa) : « Ils (les chefs d’Etat de la CEDEAO, ndlr) sont quand même arrivés à ébranler un peu la junte. C’est un bon élément pour la région de savoir que l’institution régionale veille au grain, a un œil sur les militaires. Parce qu’ils disent vouloir remettre le pouvoir. Mais on sait qu’ils essaient aussi d’être le plus rusé possible », a-t-il lâché.

Sceptique, Ali Nouhoum Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale du Mali et du Parlement de la CEDEAO, l’est aussi, tout comme Ibrahim Ikassa Maiga, un membre du M5 qui appelle à la prudence : « Vu les hésitations, les atermoiements que nous avons vécus avec les nouvelles autorités, il faut véritablement être prudent dans notre appréciation. Ce sont les faits qui parlent plus que les mots eux-mêmes », confie-t-il.
Le sociologue Mohamed Amara, lui, attend l’organisation réussie des élections avant d’être rassuré. C’est pourquoi il déclare : « Maintenant, la question qui se pose et qui me paraît vraiment importante, c’est la question de la préparation des élections présidentielle et législatives pour qu’elles soient propres, transparentes et avec peu de contestations possible. La difficulté principale, c’est l’après élection ».



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