La mort de Jean-Yves Nau, ancien journaliste au « Monde » – BNH Culture

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Jean-Yves Nau, en 2016. Mariella Esvant /MAXPPP

Si, épidémie de Covid-19 oblige, ils ne seront qu’une trentaine, jeudi 12 novembre, dans l’église de son village natal d’Ingrandes-de-Touraine (Indre-et-Loire) pour lui rendre un dernier hommage, on peut imaginer la multitude de tous ceux qui auraient aimé dire adieu à Jean-Yves Nau, décédé dimanche 8 novembre à Tours. A commencer par tous ses amis de Touraine.

Fier de ses origines – ses parents étaient de petits viticulteurs –, celui qui est né le 28 mai 1952 n’avait jamais rompu avec son terroir. « Il ressemblait à ces ceps de vigne au milieu desquels il était né », dit de lui le journaliste Jean-Daniel Flaysakier. Ce talonneur rugueux, habitué à ferrailler en mêlée, aura aussi laissé un souvenir impérissable sur les terrains de rugby locaux. « C’était un teigneux, un percuteur des défenses, qui faisait exploser de colère ses adversaires », témoigne un joueur de l’époque.

Jean-Yves Nau veut d’abord être instituteur et réussit le concours de l’Ecole normale. Il se lance ensuite dans des études de médecine qu’il finance en travaillant comme infirmier dans un hôpital psychiatrique. Entre-temps, il a découvert sa vraie passion : le journalisme. Il réalise notamment des dossiers sur la médecine du travail dans une revue médicale. Remplaçant au pied levé un de ses amis correspondant du quotidien Ouest-France, il écrit un article sur une invasion d’étourneaux à Château-du-Loir (Sarthe) qui sera repris dans la France entière. En 1980, il entre au Monde dans le service de Claudine Escoffier-Lambiotte, au moment où le journalisme d’information médicale en est encore à ses balbutiements.

Collaborateur au magazine « Slate »

Le fils de vigneron parvient à s’imposer dans un milieu très parisien. Ses forces : sa capacité à traduire la médecine en mots compréhensibles de tous et sa vitesse d’écriture. « C’était un “pisse-copie” comme j’en ai rarement vu, témoigne l’un de ses anciens collègues. Il pouvait écrire, toujours à la main, plusieurs articles par jour. Sans rien dire à personne, il disparaissait. Et puis, il nous appelait, parfois du bout du monde, en disant : “J’ai un papier”, et il dictait aux sténos. »

Dans les années 1980 et 1990, Jean-Yves Nau traite tous les grands sujets sanitaires : sida, bioéthique, lutte contre le tabagisme, maladie de la vache folle, affaire du sang contaminé, un dossier dont il devra s’éloigner en raison de ses liens avec l’un de ses protagonistes, même si une enquête interne avait estimé que cette relation n’avait pas eu d’incidence sur ses articles.

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