Les propos sexistes de Mohammed Fahmi ne passent pas

0 11


– via Getty Images

Mohammed Fahmi, ici au mois de janvier 2020 à Beirut.

SEXISME – En suggérant que les femmes du Liban cuisinent pour pallier l’interdiction des livraisons à domicile le dimanche à cause du confinement, le ministre de l’Intérieur a suscité l’ire des Libanais qui ont dénoncé sur les réseaux sociaux des propos sexistes.

Le Liban a entamé ce samedi 14 novembre un nouveau confinement de deux semaines pour lutter contre l’augmentation en flèche des cas de coronavirus. Il s’accompagne de restrictions spéciales comme l’interdiction des livraisons à domicile le dimanche, très pratiquées par les restaurants et les supermarchés.

“Que les femmes cuisinent donc un peu”, a répondu Mohammed Fahmi, membre du gouvernement ayant démissionné après l’explosion début août à Beyrouth mais sans successeur à ce stade, à une journaliste qui l’interrogeait ce vendredi sur cette interdiction.

“Je ne cuisinerai pas le dimanche”

Les réactions ont fusé, en particulier sur internet où le hashtag #Je_ne_cuisinerai_pas_le_dimanche (en arabe, ”#الاحد_مش_طابخه”) est très repris. “Le sexisme donne lieu à une répression et à une discrimination profondément ancrées contre nous les femmes, les ‘leaders’ nationaux soutiennent de manière honteuse les inégalités”, s’est insurgée l’universitaire Carmen Geha.

“Je serai heureuse de cuisiner le jour où ils collecteront et recycleront les déchets”, a-t-elle ironisé, en allusion à la déliquescence des services publics.

Des hommes ont publié des images d’eux-mêmes en train de s’activer aux fourneaux, avec le hashtag #Fahmi_challenge, comme en témoignent le tweet ci-dessous.

“Excusez-moi, honorable ministre, d’avoir cuisiné aujourd’hui pour mes fils”, a écrit sur Facebook un autre internaute se présentant comme un divorcé élevant seul ses enfants, avec une photo de lui servant deux adolescents à table. Excusez-moi car leur mère est médecin comme moi et chef de département en France et mes enfants et moi sommes très fiers d’elle.”

Un contexte tendu

Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, le Liban a recensé 105.430 cas, dont 817 décès. En octobre 2019, le Liban a connu un soulèvement populaire inédit contre la classe dirigeante, souvent considérée comme corrompue et coupée des réalités du pays.

La colère de la rue a été exacerbée par une crise économique inédite et une explosion dévastatrice le 4 août au port de Beyrouth qui a tué plus de 200 personnes, une grand partie de l’opinion publique pointant du doigt la mauvaise gouvernance et la négligence des dirigeants.

À voir également sur Le HuffPost: Cette campagne de Rose Carpet contre le sexisme montre que rien n’a changé



Source link

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More