L’Union européenne s’accorde sur de lourdes sanctions contre la Biélorussie

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L’opposante biélorusse Svetlana Tsikhanovskaïa et le commissaire européen pour l’élargissement et la politique européenne de voisinage Oliver Varhelyi lors de la rencontre des ministres des affaires étrangères dans les locaux du Conseil européen à Luxembourg, le 21 juin 2021.L’opposante biélorusse Svetlana Tsikhanovskaïa et le commissaire européen pour l’élargissement et la politique européenne de voisinage Oliver Varhelyi lors de la rencontre des ministres des affaires étrangères dans les locaux du Conseil européen à Luxembourg, le 21 juin 2021.

Soixante-dix-huit personnalités, huit entités et sept secteurs économiques visés : l’Union européenne (UE) voulait sanctionner lourdement le régime biélorusse, lundi 21 juin à Luxembourg. Les ministres des affaires étrangères réunis ont donc approuvé des mesures qui tranchent avec celles, hésitantes, qui ont frappé le dirigeant Alexandre Loukachenko depuis plus de vingt ans. Jusqu’ici, ces décisions, pour l’essentiel, marquaient une désapprobation à l’égard de la brutalité de son régime et de la répression qu’il organisait mais ne l’affectaient pas réellement, pas plus que son entourage.

Le président et 86 autres personnes avaient été ciblés par l’UE au cours des dernières années. Cette fois, un de ses fils, Dmitri, une de ses belles-filles, Lilia, trois hommes d’affaires (dont un Russe) ainsi que les ministres de la défense et des transports, Viktor Khrenine et Alexeï Avramenko, seront ajoutés à cette liste. Tous sont interdits de séjour dans l’Union et les avoirs qu’ils y possèdent, le cas échéant, seront saisis.

Peu de temps après les annonces européennes, les Etats-Unis, le Canada et la Grande-Bretagne annonçaient également des sanctions contre des responsables biélorusses. Washington vise une porte-parole d’Alexandre Loukachenko, le chef de ses services de renseignement, le président de la Chambre haute du Parlement de Minsk et, au total, 155 personnalités frappées par des restrictions de visa.

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Les sanctions économiques européennes, ciblant des secteurs-clés, devraient, elles, être officialisées à la fin de la semaine, lors du Conseil européen des 24 et 25 juin. Assez rarement utilisées, même si elles figurent dans l’arsenal européen, elles visent à amener le régime à arrêter la répression et à se démocratiser. A moins qu’elles ne rapprochent davantage M. Loukachenko de son protecteur russe. « Nous faisons le pari d’augmenter le coût de la répression que le dirigeant biélorusse inflige à son peuple. Et donc, aussi, le coût pour ceux qui voudraient l’aider, en s’associant à lui », explique une source diplomatique.

Prudents, adeptes en 2004, 2006 et 2013 de mesures de rétorsion biffées par la suite en 2016, les Européens ont considéré que, cette fois, le contexte avait vraiment changé. L’acte de piraterie aérienne commis le 23 mai, lorsque les autorités biélorusses ont forcé un avion de la compagnie Ryanair reliant la Grèce à la Lituanie à atterrir à Minsk, ne pouvait, de l’avis de beaucoup, qu’être clairement sanctionné. Prétextant une alerte à la bombe, les responsables biélorusses avaient mis la main sur le jeune opposant Roman Protassevitch et son amie Sofia Sapega, emprisonnés depuis.

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