#Metooinceste : dans le sillage de l’affaire Duhamel, des centaines de victimes témoignent sur Twitter

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Les témoignages arrivent par centaines. « J’avais 15 ans, mon frère », « c’était mon grand-père », « l’oncle cool de la famille »… : dans la foulée de l’affaire Duhamel, des victimes d’incestes, hommes et femmes, prennent la parole sur Twitter, adossant leur témoignage au le hashtag #Metooinceste.

Les brefs récits publiés font tous état d’un même traumatisme : celui d’avoir été abusé sexuellement, enfant, par un adulte de leur sphère familiale. « J’avais 5 ans. En une soirée, ce frère de ma mère a bouleversé ma candeur (…) En une seconde j’avais 100 ans », témoigne une internaute. « Ça s’est passé à plusieurs reprises entre mes 6 et 8 ans. J’ai compris que j’étais une victime à l’âge de 40 ans », raconte un autre. « J’avais entre 11 et 14 ans. C’était mon frère. J’ai 57 ans et je suis toujours victime de ce passé », écrit encore une autre.

Trois ans après le mouvement #Metoo, les témoignages qui affluent sur Twitter samedi « viennent confirmer ce que disent et répètent depuis de nombreuses années » les professionnels de la protection de l’enfance, selon le mouvement féministe #Noustoutes. A savoir que « les personnes qui commettent le crime d’inceste viennent de tous les milieux », que les adultes réagissent « peu ou mal » et que les signaux envoyés par les victimes « ne sont pas entendus ».

Barbancourt

le rhum des connaisseurs



L’affaire Duhamel comme déclencheur

A l’origine de cette vague de témoignages aux allures de conflagration, tant le phénomène de l’inceste reste tabou : le livre de Camille Kouchner, La Familia grande, paru le 7 janvier. La juriste y dévoile que son frère jumeau, alors âgé de 14 ans, a été victime d’inceste par son beau-père, le politologue Olivier Duhamel. Ces révélations ont déclenché l’ouverture d’une enquête judiciaire pour « viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur mineur de 15 ans ». Ils ont aussi bouleversé le monde politique et intellectuel dans lequel évoluait le politologue depuis de longues années.

Olivier Duhamel a démissionné de tous ses postes – président de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), et intervenant ou animateur sur la chaîne LCI et la radio Europe 1 – et entraîné plusieurs personnalités dans son sillage. Le préfet d’Ile-de-France, Marc Guillaume, a ensuite annoncé qu’il démissionnait des fonctions occupées dans des établissements où il a « travaillé avec Olivier Duhamel » : la FNSP, mais aussi la revue Pouvoirs, qu’il a longtemps codirigée avec le politologue, et le club Le Siècle. L’ancienne garde des Sceaux, Elisabeth Guigou, a également décidé de renoncer à présider la commission indépendante sur l’inceste, après avoir été citée parmi les proches d’Olivier Duhamel dans le livre de Camille Kouchner.

Phénomène massif

Pour le mouvement #Noustoutes, « nous aurions la possibilité de détecter ces violences très vite et de les faire cesser », plaidant notamment pour des « campagnes de prévention massives » et pour une meilleure formation des professionnels qui travaillent au contact d’enfants.

Bien qu’encore trop rares, les études sur le sujet montrent qu’entre 5 % et 10 % des Français ont été victimes de violences sexuelles durant leur enfance. Ces agressions se déroulent, dans 80 % des cas, au sein de la sphère familiale. Un phénomène massif, dévastateur, mais peut-être de moins en moins silencieux.

Le Monde avec AFP



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