Nathalie Sarles, première députée LREM à voter contre la loi “Sécurité globale”

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AFP

Nathalie Sarles, première députée LREM à voter contre la loi “Sécurité globale” (Photo d’illustration prise le 17 novembre 2020 devant l’Assemblée nationale, lors d’une manifestation contre la loi “Sécurité Globale”)

POLITIQUE – Il y aura au moins un vote LREM contre la loi “Sécurité globale” à l’Assemblé nationale le mardi 24 novembre. Ce lundi, une première voix dissonante s’est fait entendre dans la majorité, en la personne de Nathalie Sarles, députée de la Loire. 

Dans une interview accordée à France Bleu, Nathalie Sarles n’a pas caché son profond désaccord avec un texte qui “va beaucoup trop loin”. “Nous allons tranquillement vers un état autoritaire, vers une suppression des libertés individuelles. (…) Il faut donner un cadre de protection des forces de l’ordre mais cette loi va beaucoup trop loin, notamment l’article qui fait tant polémique”, a dénoncé l’élue, devenant la première voix LREM à s’opposer ouvertement au texte du gouvernement.

“Aujourd’hui ce texte va beaucoup trop loin. Il vient affirmer que l’État est autoritaire et ce n’est pas le type de société auquel j’aspire”, souligne-t-elle. Malgré les nombreuses manifestations, l’article en question, relatif à la diffusion des images de policiers, a été voté par l’Assemblée vendredi soir. Face à la contestation, il a été amendé pour préciser qu’il ne porterait pas préjudice au “droit d’informer”, une garantie minime qui est loin de calmer les esprits. 

“Régime autoritaire”

Pour Nathalie Sarles, cette loi est d’autant plus inadaptée qu’il existe déjà un cadre législatif: “Nous avons un arsenal juridique dans la loi pénale, ou avec la circulaire de 2008 de Nicolas Sarkozy”, rappelle-t-elle.

Elle n’est d’ailleurs pas la seule à souligner ce point. Le 20 novembre, la défenseure des droits Claire Hédon avait, elle aussi, défendu le retrait d’un article “inutile”, rappelant à titre d’exemple qu’une condamnation avait déjà été prononcée en 2019 à l’encontre d’une jeune fille qui “filmait les policiers sans arrêt et le mettait sur les réseaux sociaux sans aucune raison”.

Si cette accusation d’autoritarisme est une première dans la bouche d’une élue LREM, elle n’est en revanche pas nouvelle dans l’opposition. “Nous sommes passés à un modèle de régime autoritaire de surveillance généralisé”, a ainsi assuré dimanche Jean-Luc Mélenchon, désormais candidat à la présidentielle 2022, en promettant, en cas de victoire, d’abroger la loi si elle venait à passer. 

 

Sans se prononcer sur le projet de loi, la Commission européenne a rappelé de son côté ce lundi que les journalistes devaient pouvoir “faire leur travail librement et en toute sécurité”. “La Commission s’abstient de commenter des projets de loi, mais il va sans dire qu’en période de crise, il est plus important que jamais que les journalistes puissent faire leur travail librement et en toute sécurité”, a indiqué à l’AFP un porte-parole de l’exécutif européen, Christian Wigand.

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