Nouvelle escalade de violence dans le Haut-Karabakh, un bombardement tue douze civils en Azerbaïdjan

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A Gandja, les secouristes fouillent les décombres des habitations détruites, le 17 octobre. UMIT BEKTAS / REUTERS

C’est une nouvelle escalade de violence dans le conflit qui oppose Azerbaïdjanais et séparatistes arméniens dans le Haut-Karabakh. Douze civils ont été tués dans le bombardement nocturne d’une zone résidentielle de Gandja, deuxième ville d’Azerbaïdjan, selon les autorités samedi 17 octobre.

Quelques heures plus tôt, des frappes azerbaïdjanaises avaient visé la capitale des indépendantistes, Stepanakert, selon les journalistes de l’Agence France-Presse (AFP) présents dans la ville, dont la majorité des habitants ont fui depuis le début des hostilités, le 27 septembre. La frappe meurtrière de la nuit de vendredi à samedi sur Gandja a été suivie d’une deuxième dans une autre partie de la cité, puis d’un tir visant la ville voisine de Minguetchaour.

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Ces bombardements, ainsi que les combats sur la ligne de front, témoignent de l’impuissance depuis trois semaines de la communauté internationale. L’accord de trêve humanitaire négocié sous l’égide de Moscou n’a jamais été appliqué depuis une semaine. Le chef du Pentagone américain, Mark Esper, et la ministre française des armées, Florence Parly, ont réinsisté vendredi soir sur la nécessité d’arrêter les hostilités.

Le Haut-Karabakh, majoritairement peuplé d’Arméniens chrétiens, a fait sécession de l’Azerbaïdjan, turcophone et chiite, peu avant la dislocation de l’URSS en 1991, entraînant une guerre ayant fait 30 000 morts dans les années 1990. Un cessez-le-feu, émaillé de heurts, était en vigueur depuis 1994.

A Gandja, des journalistes ont vu des maisons détruites par le missile qui a frappé les habitants en plein sommeil vers 3 heures locales (1 heure en France). Selon le procureur général, « 12 civils ont été tués, 40 blessés ». Des résidents en larmes fuyaient les lieux, certains en pyjama et pantoufles. « Toutes les maisons autour ont été détruites. Beaucoup de personnes sont sous les décombres. Certains sont morts, d’autres sont blessés », se lamente Rubaba Zhafarova, 65 ans, devant sa maison détruite.

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Recherche de survivants dans les décombres

Des dizaines de secouristes cherchaient dans la nuit des survivants à mains nues, dans les décombres. Après quelques heures, une équipe a déposé dans une ambulance des housses mortuaires noires contenant des morceaux de corps déchiquetés. « Ma femme était là-bas, ma femme était là-bas », criait un homme conduit vers une ambulance par un infirmier. Un habitant a dit avoir vu un enfant, deux femmes et quatre hommes retirés des décombres.

Ville de plus de 300 000 habitants, Gandja a déjà été frappée à plusieurs reprises depuis le début du conflit, notamment dimanche lorsqu’un missile avait fait dix morts. Des journalistes de l’AFP ont déclaré avoir ressenti aussi dans la nuit une puissante explosion dans la ville voisine de Minguetchaour. La cité est protégée par un système antimissiles car il abrite une digue stratégique. Il n’est pas établi que ces missiles aient été détruits en vol ou qu’ils aient touché des cibles.

Du côté des séparatistes arméniens, aucun commentaire n’a été fait à propos de l’attaque sur Gandja, sinon que les infrastructures civiles des villes Stepanakert et Chouchi ayant été visées par l’Azerbaïdjan, « des opérations pour stopper l’adversaire ont été menées », selon le centre d’information du gouvernement arménien.

Ailleurs sur le front, les combats ont continué, l’Azerbaïdjan et l’Arménie s’accusant mutuellement de violer le cessez-le-feu. L’armée azerbaïdjanaise a annoncé samedi matin avoir, sur le front nord comme celui du sud, de nouveau « percé des lignes de fortifications en plusieurs endroits », détruisant équipements militaires, armements et faisant « beaucoup de morts ».

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L’Azerbaïdjan a fait des gains territoriaux ces trois dernières semaines sans pour autant avoir remporté de bataille décisive. Bakou n’a pas jusqu’ici révélé le coût du conflit, ne publiant aucun bilan militaire, matériel ou humain, alors que les séparatistes affirment avoir tué des milliers d’hommes.

Outre une potentielle crise humanitaire, la crainte est de voir ce conflit s’internationaliser, la Turquie soutenant l’Azerbaïdjan. L’Arménie, qui soutient financièrement, politiquement et militairement les séparatistes, possède, elle, une alliance militaire avec la Russie.

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Le Monde avec AFP



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