Nouvelle-Zélande : en campagne pour sa réélection, Jacinda Ardern, s’appuie sur sa bonne gestion de la crise sanitaire

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La première ministre Jacinda Ardern, leader du parti travailliste, avec des supporters, dans le centre de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le 14 octobre 2020. Mark Baker / AP

C’est le visage découvert, sans masque, que la première ministre de Nouvelle Zélande, Jacinda Ardern, s’est rendue mardi 13 octobre à la Victoria University de Wellington, lors de son ultime meeting de campagne pour les élections générales de samedi.

La dirigeante travailliste a posé avec des dizaines de sympathisants, qui ne portaient pas non plus de masque, en tenant certains par les épaules : en Nouvelle-Zélande, les règles de distanciation sociale qui sont la plaie du monde entier n’ont plus de raison d’être.

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Le pays, qui compte cinq millions d’habitants, a enregistré 25 décès dus au coronavirus et la stratégie de sa dirigeante a été saluée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Exception faite des frontières fermées et de la récession économique, la vie s’écoule désormais normalement dans le pays où la population peut sans restriction et sans crainte se rendre dans les stades ou les pubs.

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« Tout tourne autour du Covid »

« Quand les gens me demandent si ce sont les élections du Covid, ma réponse estoui” », avait claironné la dirigeante, tout juste quadragénaire, en lançant sa campagne pour un deuxième mandat de trois ans. Sa stratégie de campagne, où les questions de politique générale ont été totalement éclipsées par les références constantes aux succès sanitaires, a fonctionné : les sondages la créditent d’une avance solide sur l’opposition de centre-droit.

« Qui est la plus qualifiée pour assurer la sécurité des Néo-Zélandais et […] nous placer sur le chemin de la reprise ? », interrogeait encore Mme Ardern lors d’un débat avec son adversaire Judith Collins, ancienne ministre de la police âgée de 61 ans et membre du Parti national.

Mardi, à la Victoria University de Wellington, beaucoup dans le public affirmaient que l’épidémie n’avait fait que renforcer leur soutien pour une première ministre dont le style et la décontraction ont séduit bien au-delà de l’archipel.

David Coyle, étudiant en histoire, expliquait que les succès contre le coronavirus effaçaient les déceptions quant aux promesses non tenues sur la réduction de la pauvreté infantile ou l’accès au logement. « Tout tourne autour du Covid et elle a fait un super boulot », confiait-il à l’Agence France-Presse (AFP).

Au moment où Mme Ardern triomphait chez les étudiants, Mme Collins participait en banlieue de Wellington à une réunion de campagne avec une trentaine de fidèles. Elle a pris en juillet les rênes de l’opposition – devenant la quatrième cheffe du Parti national en trois ans – mais elle n’est créditée que de 31 % des intentions de vote, soit 16 points de moins que le score que la formation conservatrice avait réalisé lors de sa dernière victoire en 2014.

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Des incertitudes sur la composition de la majorité

Pendant la campagne, Judith Collins a attaqué le gouvernement sur les ratés des contrôles aux frontières qui auraient été à l’origine de la deuxième vague épidémique en juillet et soutient que son parti sera bien plus compétent pour piloter la relance de l’économie.

Sauf que cette deuxième vague, qui a entraîné le report d’un mois des élections, a reflué et que la crédibilité du Parti national sur les finances a été laminée par des erreurs sur ses propositions de budget. « Je ne lâche jamais, je suis une combattante, je continue toujours et je suis toujours positive au sujet de notre pays », a cependant martelé Mme Collins.

Si la victoire des travaillistes semble acquise, le suspense tourne autour de l’avance qu’obtiendra le parti d’Ardern, qui est en coalition avec les Verts et les populistes de New Zealand First (NZF), formation du vice-premier ministre Winston Peters.

L’alliance avec ce dernier a été bancale tout au long du premier mandat, or M. Peters n’est pas sûr de conserver son siège. Les sondages laissent penser que les travaillistes pourraient remporter seuls la majorité, ce qui serait sans précédent depuis l’instauration d’un nouveau système en 1996. S’ils n’y parvenaient pas, Mme Ardern devrait pouvoir obtenir une majorité plus stable avec les seuls Verts.

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Le Monde avec AFP



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