Pegasus, le logiciel espion utilisé au Maroc pour espionner des journalistes français

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PATRICIA DE MELO MOREIRA via Getty Images

Le journaliste et co-fondateur de Mediapart, Edwy Plener, lors d’un conférence de presse le 14 février 2020

MEDIAS – Un service de sécurité marocain a utilisé un logiciel-espion mis au point par une société israélienne pour viser une trentaine de journalistes et de patron de médias français, selon une enquête publiée ce dimanche 18 juillet dans plusieurs médias, dont Le Monde, The Guardian et The Washington Post.

Le logiciel espion Pegasus de la société israélienne NSO Group, s’il est introduit dans un smartphone, permet d’en récupérer les messages, les photos, les contacts, et même d’écouter les appels de son propriétaire. NSO, régulièrement accusée de faire le jeu de régimes autoritaires, a toujours assuré que son logiciel servait uniquement à obtenir des renseignements contre des réseaux criminels ou terroristes.

Il a été vendu au Maroc, juste avant le rétablissement de ses relations diplomatiques avec Israël, précise Le Monde.

Selon cette vaste enquête, de multiples journalistes et patrons de médias français figurent sur la liste des cibles de Pegasus, dans les rédactions du quotidien Le Monde, du Canard enchaîné, du Figaro ou encore de l’Agence France-Presse et de France Télévisions.

“À plusieurs reprises, le consortium Forbidden Stories et le Security Lab de l’ONG Amnesty International ont pu techniquement déterminer que l’infection avec Pegasus avait été couronnée de succès”, écrit Le Monde, notamment dans le cas d’Edwy Plenel, le fondateur du site d’informations en ligne Mediapart, de Dominique Simonnot, ancienne enquêtrice du Canard enchaîné et désormais contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, mais aussi d’une journaliste du Monde”, qui a souhaité rester anonyme.

 “L’ADN d’un régime dictatorial”

“L’espionnage de mon téléphone et de celui de ma consœur @LenaBred mène directement aux services marocains, dans le cadre de la répression du journalisme indépendant et du mouvement social”, a réagi Edwy Plenel sur Twitter en évoquant également sa consoeur Lénaïg Bredoux. responsables des questions de genre et des violences sexuelles au sein de la rédaction de Mediapart.

Le cofondateur estime avoir été visé parce qu’il n’a pas hésité à critiquer la répression policière au Maroc mais aussi parce que son médias est partenaire de Desk, un un média marocain ondépendant.

D’autres journalistes ont également évoqué leur surveillance par le Maroc, à l’instar de la journaliste de L’Humanité, Rosa Moussaoui. “Je découvre que mon nom figure, parmi ceux d’autres confrères français, parmi les cibles du pouvoir marocain à surveiller via le logiciel Pegasus. Viol de l’intimité, vol de données personnelles, attaque frontale contre le secret des sources : l’ADN d’un régime dictatorial”, dénonce-t-elle. 

Certains journalistes dont les numéros ont retrouvés ne traitent pas du tout de questions relatives au Maroc mais leurs carnets d’adresse ont pu fournir les contacts d’autres confrères.

Amnesty International avait déjà dénoncé en 2020 l’infection du téléphone du journaliste marocain d’investigation Omar Radi par le logiciel espion Pegasus. La société NSO a démenti les allégations “mensongères” publiées dimanche par le collectif Fordidden Stories.

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