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Ce matin 20 novembre, un point presse tenu par Alexander Neef, le directeur général, Aurélie Dupont, la directrice de la Danse et Martin Ajdari, le directeur général adjoint, a été l’occasion de faire le point sur la situation actuelle et les perspectives. Il s’agissait aussi de revenir sur la polémique ayant entouré l’annonce de la subvention octroyée à l’Opéra de Paris par le ministère de la Culture, avant même le résultat de l’audit demandé par la ministre Roselyne Bachelot à Georges-François Hirsch et Christophe Tardieu, le rapport devant être rendu d’ici le 1er décembre.

Sur la manière dont l’Opéra de Paris fait face aux contraintes sanitaires, les répétitions se poursuivent afin de pouvoir jouer devant un public dès que possible, c’est à dire à partir de début décembre si les annonces gouvernementales à venir le permettent. Un protocole sanitaire strict est appliqué : dépistage hebdomadaire des équipes depuis la fin de l’été, port du masque en répétition (selon l’effort à fournir pour les danseurs) et en représentation, désinfection des locaux, horaires adaptés pour alléger le flux du personnel dans les deux maisons d’opéra… A côté du spectacle du Ballet diffusé sur Facebook Live la semaine dernière, les concerts sont maintenus pour faire l’objet d’une captation et toucher un public plus large. Dans cette optique, et tandis que les livestreams, c’est-à-dire les retransmissions en direct sans public se multiplient un peu partout, l’Opéra va avancer à début décembre le lancement de sa plateforme de diffusion en ligne, qui aurait dû intervenir au premier semestre 2021. Cette nouvelle offre numérique (dont le nom définitif n’est pas encore fixé) sera complémentaire de celle déjà existante (la 3e Scène) et proposera des directs et des rediffusions avec une formule mixte, gratuite pour certains contenus, payante autour de 10-15 euros, comme ce qui se pratique actuellement ailleurs, pour d’autres. L’objectif est d’enrichir le catalogue au fur et à mesure avec les nouveaux spectacles, avec ceux remontant à 2012 (si les droits le permettent), mais aussi avec des cours, des ateliers ou master classes. Les danseurs, prêts pour la Bayadère de décembre, assure Aurélie Dupont, proposeront aussi pour décembre une nouvelle réalisation numérique sur les réseaux sociaux : un « calendrier de l’Avent » sous forme de petits films réalisés à Garnier.

Mais tant que les salles ne rouvrent pas au public et tant que les jauges resteront réduites, les pertes s’accumulent : aux environs de 50 millions d’euros sur l’année 2020 depuis les grèves (plus de 80 millions de pertes de recettes contrebalancées par des économies de fonctionnement avec les annulations). La nouvelle offre numérique pourra ainsi s’inscrire dans le cadre du nouveau modèle économique que l’institution devra mettre en place pour justifier les aides publiques. Actuellement à 59 % de recettes propres (258000 places ont été remboursées, soit 25 millions d’euros), avec une baisse du mécénat probable de 30% pour 2021 et des déplacements internationaux qui resteront limités, la nouvelle année s’annonce sous des « auspices dégradés » avec des recettes durablement affectées, selon Martin Ajdari. Ainsi, répondant aux critiques sur le montant de la subvention publique, le directeur général adjoint précise que le soutien de l’État (81 millions d’euros) est conditionné à l’évolution du modèle de l’institution et que la subvention se repartit comme suit : 20 millions d’euros pour les travaux (non encore confirmés par le ministère) et 61 millions d’euros étalés sur trois exercices dans le cadre du plan de relance, une somme inférieure aux pertes prévisionnelles. La dotation couvre 82% des pertes totales en 2020 et seulement 50% des pertes prévues en 2022. Sans cette aide, l’institution aurait pu être en cessation de paiement en 2021, précise-t-il, ajoutant qu’en nombre de spectateurs l’Opéra de Paris représente une audience beaucoup plus importante que les autres salles en régions et que les aides publiques ont baissé en 10 ans de 16 millions d’euros.

En ce qui concerne la direction musicale, le Ring, projet phare de la saison, sera joué en version de concert, sans pouvoir respecter l’ordre des parties des raisons de planning, et sans Jonas Kaufmann ni Eva-Maria Westbroek qui ne se déplacent pas actuellement (remplacés par Stuart Skelton et Lise Davidsen). Avec une satisfaction bien apparente, Alexander Neef annonce que les négociations sont très avancées avec le successeur du directeur musical Philippe Jordan, l’annonce de sa nomination devrait intervenir dans les semaines à venir. (NF)

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