« Plusieurs mois » avant un retour à la normale

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Les Québécois devront prendre leur mal en patience, préviennent François Legault et plusieurs experts : le retour à une normale d’avant la pandémie n’est pas pour demain.

Publié le 14 octobre 2020 à 5h00

Véronique Lauzon

Véronique LauzonVéronique Lauzon
La Presse

Barbancourt

le rhum des connaisseurs

Ariane Lacoursière

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La Presse

Le premier ministre a déclaré qu’on « va avoir plusieurs mois devant nous à devoir suivre un certain nombre de consignes. Surtout pour les grands rassemblements intérieurs. […] Il va falloir être patient et prendre de nouvelles habitudes ».

Le directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda, n’a d’ailleurs pas voulu s’avancer sur les mesures qui resteront en place après le 28 octobre, date jusqu’à laquelle les mesures de confinement actuelles s’imposent. Mais pour lui, il est évident qu’on « ne pourra pas retourner à la liberté de cet été […] tant qu’on n’aura pas stabilisé la situation de façon intensive ».

Une phrase qui faisait écho aux propos de la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, qui a évoqué mardi qu’en attendant un vaccin contre la COVID-19, il faudra vivre avec des mesures sanitaires contraignantes, même s’il sera important de trouver un équilibre pour ne pas couper totalement les citoyens d’une certaine vie sociale.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

La Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal

En collaboration avec la Ville de Montréal, la Santé publique de Montréal réfléchit à des stratégies pour que les citoyens continuent le plus possible de sortir de chez eux pour profiter de l’air frais, autant « au niveau culturel que sportif ». « Et ce, même quand on va rouvrir le contexte social. Parce que c’est beaucoup mieux de faire une activité sociale extérieure que d’être dans un bar ou une salle fermée », a renchéri la Dre Drouin.

Les patinoires en danger ?

Elle a évoqué la possibilité que certains sports extérieurs ne soient pas permis cet hiver. « Probablement qu’il va y avoir des restrictions pour tout ce qui est sports de contact », a-t-elle avancé lors d’une causerie virtuelle organisée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, en citant l’exemple du hockey.

Il y a des types d’activités extérieures qui seront moins à risque que d’autres, comme faire du ski de fond seul ou avec son conjoint. Si on met des mesures en place autour des chalets, le risque peut être moindre, en comparaison avec l’ouverture d’une patinoire avec plein de gens du quartier qui se mettent à jouer au hockey.

La Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal

À la lumière de ses propos, le président de la Chambre de commerce et animateur de la causerie, Michel Leblanc, a laissé entendre que les gens seront nombreux à se procurer des raquettes ou des skis de fond dans les prochaines semaines. « Comme les vélos l’été dernier ! », s’est exclamée la Dre Drouin.

La directrice a aussi indiqué qu’elle souhaitait que les restaurants rouvrent éventuellement, mais en ajoutant que « les balises pourraient être différentes ». « Si, dans le restaurant, il y a une télévision avec le hockey qui joue très fort et que les gens crient et chantent, c’est non. Probablement qu’il va falloir encadrer les pratiques avec des mesures qui vont faire en sorte qu’on va limiter au maximum le risque d’éclosion et de transmission », a-t-elle ajouté.

Éviter le va-et-vient

En conférence de presse mardi, le premier ministre François Legault a indiqué que les études qui se multiplient sur la COVID-19 montrent que ce sont surtout les rassemblements intérieurs de plusieurs personnes qui sont problématiques. Surtout s’ils durent plus de 15 minutes.

« On n’est pas près d’arrêter d’interdire les grands rassemblements à l’intérieur », a averti M. Legault.

Le premier ministre estime que « l’idéal, c’est de ne pas jouer au yoyo » entre des mesures sanitaires sévères et plus souples. Mais que peu de pays sont parvenus à éviter ce va-et-vient jusqu’à maintenant. « On a devant nous une situation exceptionnelle. Il y a un ajustement. »

On essaie d’ouvrir le robinet pour avoir une vie plus normale et à un moment donné, quand on trouve qu’on l’a plus ouvert, bien on le ferme un peu. C’est comme ça à peu près partout dans le monde.

François Legault

M. Legault n’a toutefois pas voulu s’avancer au sujet du temps des Fêtes, sous prétexte qu’il est « trop tôt pour parler de Noël ».

Même si tous les Québécois envoyaient une lettre au père Noël pour demander un retour à la normale sans mesures sanitaires, la Dre Nimâ Machouf ne croit pas que le souhait serait exaucé. « On va devoir réinventer Noël, a lancé l’épidémiologiste rattachée à l’Université de Montréal. La COVID ne va malheureusement pas disparaître de sitôt. »

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

La Dre Nimâ Machouf, épidémiologiste rattachée à l’Université de Montréal

Elle est persuadée qu’il ne faut pas espérer un retour à la normale avant de « nombreux mois ».

Objectif « Noël 2021 »

Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, est « absolument d’accord ». Elle croit que les Québécois vont peut-être « s’en sortir un peu l’été prochain » puisqu’ils recommenceront à pouvoir socialiser à l’extérieur, mais elle a l’impression qu’il n’y aura pas un retour à la normale avant « Noël 2021 ». « Je comprends que c’est pénible, mais je pense qu’il faut s’y faire. »

Même si un vaccin voyait le jour, Mme Borgès Da Silva évoque qu’il faut être conscient que les mesures restrictives ne vont pas disparaître du jour au lendemain. Notamment à cause du nombre de doses qui seront disponibles, « ça pourrait prendre six mois de plus après la découverte ».



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