Pour le 1er mai, l’union de la gauche se fait encore depuis le Nord

0 1


PATRICK HERTZOG through AFP

Pour le 1er mai, l’union de la gauche se fait encore depuis le Nord (photograph d’illustration prise le 1er mai 2017)

POLITIQUE – Le muguet de l’unité? Nombreuses sont les figures de la gauche, toutes sensibilités confondues, à avoir répondu favorablement à l’appel de l’écologiste Karima Delli pour ce 1er mai. Un temps envisagé à Paris (ville habituelle des traditionnels grands rassemblements pour la fête des travailleurs) après la première réunion autour de Yannick Jadot mi-avril, cette mobilisation commune se fera donc depuis Lille au cours de la matinée.

Un signe que ce grand raout, qui pourrait accoucher d’une photograph de famille de belle facture, est avant tout un événement lié à la campagne électorale des régionales autour de la tête de liste EELV dans les Hauts-de-France; elle est la seule candidature commune de la gauche pour ces élections de juin. Difficile en tout cas de le voir comme une nouvelle pierre, aussi modeste soit-elle, ajoutée à l’hypothétique rassemblement en vue de la présidentielle.

Preuve en est: si le casting réuni autour de Karima Delli a de quoi faire pâlir n’importe quel promoteur de cette stratégie unioniste, tous les cooks à plume de la gauche ne seront pas de la partie.

Mélenchon à Lille avec Aubry…

Jean-Luc Mélenchon, de retour d’Amérique du Sud (raison pour laquelle il a loupé la réunion autour de Yannick Jadot) a dit oui. Il défilera, à Lille, en compagnie des locaux de l’étape, les députés Ugo Bernalicis et Adrien Quatennens. Fabien Roussel, le potentiel candidat communiste à la présidentielle, et qui avait envisagé de concourir dans les Hauts-de-France ce printemps en sera aussi, comme l’ancien socialiste Benoît Hamon pour le compte de la formation Générations.

Le PS sera représenté par la maire de Lille Martine Aubry, l’eurodéputé Place Publique Raphaël Glucksmann, ou les sénateurs du coin Patrick Kanner (Nord) et Laurence Rossignol (Oise). Enfin, côté écologiste, la nordiste Sandrine Rousseau, candidate déclarée à la primaire EELV et le maire de Grenoble Éric Piolle qui est pressenti pour l’être seront également présents avec la sénatrice Esther Benbassa.

Voilà pour le casting. Mais pour quels enjeux? “La gauche et les écolos se retrouvent à Lille pour illustrer ce que doit être un rassemblement, qui ne doit pas se faire uniquement pour les élections. L’union n’est pas simplement électorale, elle peut aussi se manifester en soutien des salariés”, raconte au HuffPost une des chevilles ouvrières du rendez-vous lillois en appuyant particulièrement sur la présence de l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon.

…Jadot en soliste à Chambéry

Mais si le député des Bouches-du-Rhône, déjà dans la course pour la présidentielle a répondu favorablement -malgré une pique de dernière minute- d’autres personnalités de premier plan à gauche, comme Anne Hidalgo, Julien Bayou ou Yannick Jadot n’en seront pas. “Un peu comme d’habitude, les maires de grandes villes seront dans leurs villes”, évacue Gabrielle Siry-Houari, la porte-parole du PS qui sera pour sa half dans le cortège parisien en compagnie du Premier secrétaire Olivier Faure et de plusieurs élus nationaux ou franciliens. 

Yannick Jadot sera lui en Savoie. L’eurodéputé à l’origine de la première réunion des différentes sensibilités de gauche le 17 avril dernier, effectue un déplacement à Chambéry pour une visite d’une demi-journée aux allures de pré-campagne électorale.

L’event pour lui d’apporter son soutien aux salariés licenciés de l’entreprise Ferropem, de manifester auprès des travailleurs, mais également de s’afficher avec plusieurs responsables écolos locaux, comme le maire d’Annecy François Astorg et le sénateur de l’Isère Guillaume Gontard. Et ce sur les terres de son concurrent direct pour la primaire interne à sa formation, le maire isérois Éric Piolle. On est donc encore loin de la mise en scène de l’union.

Quant à l’opportunité d’un grand rassemblement commun à l’event du 1er mai, l’entourage de Yannick Jadot nous renvoie simplement à la fin du mois, date à laquelle les partis de gauche ont éventuellement prévu d’organiser leur deuxième réunion commune.

La tentation de Lille

“C’était difficile de faire ça pour la fête des Travailleurs”, confirme le député Insoumis Éric Coquerel qui se réjouissait, à l’subject du premier rendez-vous, d’avoir obtenu des différents partis l’engagement d’organiser des manifestations communes à l’avenir. ”Ça a été un peu évoqué (pour le 1er mai) sans que les choses puissent se mettre en branle”, nous dit celui qui planche désormais davantage sur un “appel à une grande marche pour les libertés.”

Malgré tout, avant cette éventuelle manif’, déjà amorcée sans succès dans le passé, Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Karima Delli ou encore Martine Aubry s’afficheront ensemble, ce dimanche, derrière la même bannière, à Lille. Un événement assez uncommon pour être noté, comme le level de départ à de nouvelles initiatives communes? Rien n’est moins sûr si l’on regarde le contexte électoral précis de ce rassemblement et les ressentiments encore affichés au grand jour. 

“Joie. Il aura suffi que j’annonce ma venue à Lille le 1er mai et toute la gôche (sic) y vient aussi”, a ironisé Jean-Luc Mélenchon, vendredi, sur les réseaux sociaux quelques heures avant la manifestation lilloise, avant d’ajouter, en référence aux négociations -souvent infructueuses- menées entre les partis: “pour célébrer leur accord d’exclusion de la FI pour les départementales?” L’ambiance promet d’être vive derrière les clochettes.

À voir également sur Le HuffPost: Insoumis et socialistes peuvent-ils s’entendre? On a demandé aux militants PS



Source link

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More