Pour les restaurateurs, les nouvelles mesures anti-Covid sont “une mort annoncée”

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ASSOCIATED PRESS

Ce mercredi 14 octobre, les restaurants comme ici à Saint-Jean-de-Luz servaient encore quand Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’un couvre-feu dans plusieurs grandes villes et la fermeture des restaurants à 21h dans ces zones. De quoi provoquer la colère et l’incompréhension d’un secteur déjà très affaibli.

CORONAVIRUS – C’est “une mort annoncée”, un “coup de massue”, “on nous met une balle”. L’annonce du couvre-feu dans plusieurs métropoles françaises a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans le secteur de la restauration, déjà très durement affaibli par le confinement et une reprise en demi-teinte. 

Parallèlement au couvre-feu d’au moins quatre semaines, Emmanuel Macron a annoncé la fermeture des restaurants (entre autres) à compter de 21h. Anticipant la colère, le chef de l’État a promis “des dispositifs de soutien supplémentaires” dans les prochains jours, et confirmé le retour du chômage partiel. 

Mais ces promesses d’aides sont loin d’avoir apaisé les professionnels. Les fédérations du secteur hôtellerie-cafés-restauration (HCR) ont vu dans ces nouvelles restrictions une “fermeture déguisée”, d’autant plus incompréhensible que les établissements s’étaient récemment engagés sur un protocole sanitaire encore plus strict dans les zones où le virus circule très activement. 

“Depuis le début, on a montré qu’on était capable de tenir toutes les règles d’hygiène. On avait mis en place toutes les règles sanitaires et on ne pouvait pas être plus stricts. Aujourd’hui on vit ça comme une forme d’incohérence, d’injustice. C’est un coup dur ce soir, c’est un nouveau coup d’arrêt pour nos métiers. C’est un coup de massue pour nos artisans qui sont nos fournisseurs (…). Et c’est un coup au moral pour toute notre société”, a déploré le chef triplement étoilé Guy Savoy joint par LCI

Un service à 18h? “Impossible” pour les restaurateurs

“Cette nouvelle contrainte horaire, qui condamne le service du soir, a pour conséquence pure et simple d’obliger nos restaurants à fermer”, estiment dans un communiqué commun le Syndicat de la restauration thématique, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie, le Groupement des indépendants hôtellerie et restauration et le Groupement national des chaînes hôtelières. 

Guy Savoy a également jugé “impossible” de limiter les pertes en proposant un service en début de soirée. “Même en ouvrant à 18h c’est impossible. Je suis condamné la semaine prochaine à fermer tous les dîners”, a déclaré le chef, ulcéré. “Tous les restaurants sont menacés dans leur survie: du café, du bistrot, de la brasserie. Là on nous met une balle. C’est terrible.”

À l’unisson, les professionnels de la restauration ont dénoncé des mesures “incohérentes”, pointant systématiquement du doigt des lieux à forte concentration de personnes, comme les universités ou les transports, qui n’ont pas fait l’objet de nouvelles restrictions. “Les transports en commun, les grandes surfaces… pourquoi nous? On ne peut pas survivre, ce n’est pas possible”, a réagi Michel Sarran sur BFMTV

Le secteur HCR réclame “un dispositif d’aides renforcées pour accompagner les trésoreries” et “des actes sur les loyers et les assurances”. “Le chômage partiel, ce n’est pas une aide totale. On a les cotisations sociales, il y a les frais fixes… On va avoir des frais qui ne seront jamais remboursés. On a déjà fermé deux mois. On nous demande de fermer un mois voire un mois et demi de plus. Ce n’est plus de l’agonie, c’est de la mort annoncée”, s’est ému le chef toulousain.

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