Ranfose appelle à un front commun pour éradiquer la faim et offrir un avenir plus sûr aux enfants

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La célébration de la journée mondiale de l’alimentation rappelle la nécessité d’agir pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN) en Haïti. Il faut une action concertée pour répondre de façon durable à cet appel. À l’heure où les conditions de vie se détériorent en Haïti, RANFOSE financée par l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID) lance un appel aux consommateurs, à la société civile, au secteur privé et au gouvernement pour adopter rapidement des mesures pour l’éradication de la faim en vue d’offrir un avenir plus sûr aux enfants.

Port-au-prince, le 14 octobre 2020.-

« Une alimentation saine et équilibrée: véritable défi pour Haïti ».

La sécurité alimentaire c’est-à-dire « la possibilité physique, sociale et économique de se procurer à tout moment une nourriture suffisante, saine et nutritive permettant de satisfaire les besoins et préférences alimentaires pour mener une vie saine et active » représente un véritable défi en Haïti. En effet, avec la fluctuation du prix des produits de base, la pandémie de la covid-19 et les troubles socio-économiques que connaît le pays, l’insécurité alimentaire s’aggrave. Selon la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire, il existe un déficit alimentaire sévère chez près de 4 millions d’haïtiens. L’Évaluation de l’impact de la COVID-19 sur la sécurité alimentaire, les moyens d’existence et
la production agricole (SAMEPA) a révélé que 11.1% de la population avait une consommation alimentaire pauvre et 28.2% une consommation alimentaire limite. Parallèlement, 21% des ménages ne consomment pas les 5 groupes alimentaires recommandés pour une alimentation équilibrée. 41% souffrent de faim modérée tandis que 11% souffrent de faim sévère à très sévère. Cette situation n’est pas nouvelle et n’épargne pas les plus jeunes. Selon l’enquête démographique de 2016/2017, l’alimentation complémentaire était sous optimale en Haïti avec 19% des enfants de 6 à 23 mois qui consommaient le minimum des cinq grands groupes d’aliments recommandés. Seulement 39% des enfants respectaient la fréquence minimale des repas et 11% arrivaient à remplir les 3 critères d’alimentation adéquate du nourrisson et du jeune enfant à savoir l’allaitement maternel, la diversification de la diète et la fréquence des repas.

Rappelons qu’une alimentation insuffisante, peu variée, pauvre, couplée à un environnement malsain où l’accès à l’eau potable et à l’assainissement est insuffisant contribue à des carences en micronutriments, un véritable problème de santé publique en Haïti. Pour répondre à cette situation, depuis 2017, l’USAID, à travers son projet RANFOSE, travaille avec le gouvernement, le secteur privé et d’autres partenaires pour garantir que les produits alimentaires enrichis soient largement disponibles pour améliorer la santé des haïtiens. La fortification des aliments est une stratégie simple et peu coûteuse qui rend les aliments couramment consommés plus nutritifs. Le projet se concentre sur le renforcement de la farine de blé avec du fer et de l’acide folique, des huiles végétales avec de la vitamine A et du sel avec de l’iode. Parallèlement, d’autres actions sont nécessaires pour assurer la SAN en Haïti : Ces actions doivent impliquer :

a) les Consommateurs

Le consommateur en mangeant des aliments variés et fortifiés, renforce son organisme mais aussi exige des producteurs et importateurs des produits de meilleure qualité, riches en micronutriments. De plus, il contribue au maintien de la biodiversité et à la protection des sols et de l’environnement. Les fruits et légumes de saison, produits localement, procurent une alimentation plus sûre, savoureuse et nutritive et aident à réduire son empreinte carbone tout comme les jardins potagers aménagés dans son jardin, ou sur son balcon pour cultiver des fruits, des légumes, des épices et des herbes aromatiques. Chaque consommateur est encouragé à produire, conserver ses aliments et à réduire les pertes et les gaspillages.

b) La Société civile

La société civile doit jouer un rôle clé en soutenant les initiatives de développement et d’actions sociales, tels les filets sociaux productifs et les programmes de cantines scolaires au sein des communautés et dans les écoles publiques et privées. Elle peut aussi contribuer à l’éducation de la population et à la promotion des aliments nutritifs frais et des produits fortifiés en vitamine A, en iode, en fer, en zinc, en acide folique et en vitamines B. Elle doit relayer la voix des communautés et plaider auprès du gouvernement, du secteur privé et autres décideurs pour une protection sociale efficace, l’accès à des emplois décents, la formulation et mise en œuvre de politiques de SAN qui favorisent
l’accès à des aliments sains, plus nutritifs, accessibles et abordables.

c) Le Secteur privé

Les entreprises du secteur privé peuvent contribuer à un système alimentaire durable à travers des mécanismes de renforcement du secteur industriel. Ce secteur est appelé à jouer un rôle de leader au niveau des chambres de commerce et des associations patronales pour établir des plateformes d’appui mutuel aux entreprises, d’accès à des capitaux, au savoir-faire et à l’expertise nécessaire pour créer un environnement propice aux affaires. Les industries doivent adhérer aux normes régissant la production d’aliments conformément aux bonnes pratiques d’hygiène et de sûreté alimentaire. Elles peuvent offrir
à leurs employés de bonnes conditions de travail et des opportunités de formation continue en partenariat avec les universités. Par la recherche, elles aideront à stimuler la production agricole et contribuer à l’amélioration de la diète alimentaire.

d) Le Gouvernement

Tous les acteurs doivent bénéficier des conditions favorables créées par le gouvernement et la mise en œuvre d’interventions articulées entre urgence et développement pour un système alimentaire durable. L’État doit contribuer à la SAN par l’adoption et l’exécution de programmes d’aide alimentaire, de protection sociale, de transferts monétaires ciblés et de conservation des ressources naturelles. Les entreprises locales et les petits producteurs agricoles qui ont le soutien nécessaire pour s’approvisionner en intrants, produire les aliments et pénétrer les marchés seront plus performants. Les politiques de SAN doivent être renforcées par une législation et un cadre juridique approprié. La publication des
textes d’application de la loi sur la fortification alimentaire constitue un élément primordial pour augmenter l’offre d’aliments enrichis en micronutriments en Haïti et prévenir durablement les déficiences et l’aggravation de la faim cachée en Haïti.

Vant Bèf Info (VBI)



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