Régionales 2021: Ce que les partis politiques ont à perdre ou à gagner

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CLEMENT MAHOUDEAU via AFP

Photo d’une urne durant le second tour des élections municipales à Marseille le 28 juin 2020.

POLITIQUE – C’est le dernier scrutin avant la présidentielle de 2022. Alors, pour tous les partis, ces élections régionales (et départementales, même si on en parle moins) des 20 et 27 juin ont valeur de test avant l’échéance suprême.

La carte politique des régions de France date de 2015. A l’image du “monde d’avant”, elle est divisée en rose et bleu: 5 régions dirigées par le parti socialiste, dont la Bretagne, la Nouvelle Aquitaine et l’Occitanie; 7 par la droite ou le centre, avec Hervé Morin en Normandie qui remet son mandat en jeu ou Renaud Muselier en Paca avec le feuilleton qu’on connaît et qui a finalement résumé cette drôle de campagne qui pourrait se solder par une abstention record. La Corse avait été remportée par les autonomistes.

 

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La carte des régions en 2015, rose: parti socialiste, bleu: LR, bleu clair: proche des LR, jaune: autonomistes, violet: centre.

 

Pour LR, un air de primaire avant 2022

Trois présidents sortants de droite jouent plus que la simple conservation de leur conseil régional. Dans les Hauts-de-France, Xavier Bertrand a fait de ce scrutin la condition de sa candidature en 2022, qu’il a déclarée officiellement fin mars. En Île-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez pourraient, en cas de victoire, en profiter pour dévoiler leurs intentions en vue de la présidentielle. Même si Pécresse et Bertrand ont officiellement quitté LR, ils gardent une grande proximité avec leur famille d’origine.

La droite et le centre ont pour objectif de conserver leurs bastions, dont le Grand Est, malgré les divisions. Le président sortant Jean Rottner (LR) n’a pas le soutien de l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy Nadine Morano et la région pourrait basculer au RN. Paca, historiquement à droite, pourrait faire de même après un feuilleton calamiteux et une alliance de Renaud Muselier avec les Marcheurs locaux qui a profondément divisé LR.

Pour la majorité, tenter de remporter une région (et affaiblir Xavier Bertrand) 

Publiquement, l’objectif de LREM pour ces élections est qu’“aucune région n’aille au Rassemblement national”, comme le résument de concert plusieurs sources au parti ou dans l’exécutif. En privé, les yeux sont surtout rivés sur Xavier Bertrand, qu’une partie de la Macronie aimerait voir battu au second tour – se débarrassant ainsi d’un concurrent potentiel à la présidentielle – ou contraint de faire alliance avec la majorité présidentielle face au risque RN, pour l’affaiblir avant 2022.

Pas moins de cinq ministres dont les poids lourds Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti ont été mobilisés dans les Hauts-de-France au côté du chef de file Laurent Pietraszewski, en charge des Retraites dans le gouvernement Caste. Deux autres régions seront scrutées de près à l’Elysée: la Nouvelle-Aquitaine et le Centre-Val-de-Loire où des ministres issus du MoDem, Marc Fesneau et Geneviève Darrieussecq, espèrent s’imposer. Une victoire serait considérée comme un succès national car c’est le premier scrutin régional pour LREM qui n’existait pas encore il y a six ans. L’implantation sera très difficile et même si des ministres se sont impliqués dans plusieurs régions, il leur faudra réussir à passer la barre des 10% sur tout le territoire, sauf à assumer un lourd échec comme aux dernières municipales. Et même si le chef de l’Etat considère ces élections comme un scrutin local, sans conséquence au plan national, les résultats pourraient déterminer l’ampleur d’un éventuel remaniement. 

Le RN: remporter une ou plusieurs régions pour la première fois

C’est le parti qui semble avoir la dynamique la plus favorable dans ce scrutin et qui pourrait bénéficier du fort taux d’abstention. Le Rassemblement national, déjà proche d’emporter Paca et les Hauts-de-France en 2015, espère gagner au moins une région cette année. Un fait politique inédit qui placerait Marine Le Pen en position de force pour 2022, alors qu’elle est au coude-à-coude avec Emmanuel Macron dans les intentions de vote pour cette échéance.

Paca, les Hauts-de-France, la Bourgogne Franche-Comté, le Grand-Est et l’Occitanie voire le Centre-Val de Loire sont des territoires scrutés de près par le parti lepéniste. Une absence de victoire serait interprété comme une nouvelle preuve du plafond de verre pour le parti cofondé par Jean-Marie Le Pen qui n’a jamais exercé de responsabilités régionales ou nationales. 

EELV: Confirmer le succès des municipales 

Julien Bayou, tête de liste en Île-de-France et secrétaire national du parti écologiste, l’a dit dans nos colonnes: il s’est fixé pour objectif de remporter au moins une région. Le pari n’est pas gagné, mais les écologistes nous ont habitués à des surprises depuis les municipales de 2020 et leur victoire historique dans des grandes villes comme Lyon, Bordeaux ou Marseille. À surveiller de près, les Pays de La Loire où Matthieu Orphelin, ancien député LREM, a fait alliance avec LFI et EELV et pourrait obtenir un score important face à la sortante LR Christelle Morançais et l’ancien ministre François de Rugy, lui-même ancien d’EELV.

Le PS veut garder ses fiefs, la gauche va se compter

L’enjeu est de taille pour le Parti socialiste qui espère conserver ses cinq régions. En Bretagne, le président sortant voit son vice-président soutenu par LREM le concurrencer. En Occitanie, le RN qui a remporté l’an dernier la ville de Perpignan est en embuscade, tout comme en Bourgogne-Franche-Comté, fief de Mitterrand toujours détenu par la PS Marie-Guite Dufay, en difficulté.

Les Insoumis, eux, présentent seulement quatre têtes de liste, dont l’une des jeunes cadres du parti, Clémence Guetté, en Nouvelle-Aquitaine. Dans le reste des régions, ils ont fait des alliances à géométrie variable -comme les autres forces de gauche- et ne sont pas présents en Paca où l’accord s’est fait sans eux.

Le score de Clémentine Autain en Île-de-France sera à scruter alors que la gauche est divisée avec deux autres listes, celle d’Audrey Pulvar pour le PS et celle de Julien Bayou pour les Verts. Celle qui arrivera en tête partira avec un avantage certain pour les alliances en vue de 2022 à l’automne

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