Reprise économique en France: les producteurs de spiritueux se frottent les mains

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L’ouverture des lieux de convivialité et la suspension pour cinq ans des taxes américaines dites « Airbus » remplissent d’optimisme les fabricants français de spiritueux. Toutefois, ils restent prudents, car la pénurie des conteneurs et celle des matières premières risquent de plomber la reprise.

Après une année 2020 bien sombre pour l’économie mondiale, 2021 sera-t-elle synonyme d’éclaircie ? C’est ce qu’espère la filière française de spiritueux. « Le démarrage de 2021 a été plutôt bon », estime Jean-Pierre Cointreau, président de la Fédération française des spiritueux (FFS) qui regroupe 250 entreprises du secteur dont l’écrasante majorité sont des PME. De nombreux marchés reprennent et permettent de résorber, ne serait-ce que partiellement les pertes.

2020, une année compliquée à cause du Covid-19

Au total, l’année dernière, la consommation de spiritueux a baissé de 1,8% en volume en France. En cause, les confinements successifs dus aux restrictions sanitaires, qui ont entraîné la fermeture des cafés, des restaurants, des hôtels, des discothèques, ainsi que des boutiques duty free dans les aéroports. Le report partiel d’achat par les consommateurs sur la grande distribution n’a pas permis de compenser ces pertes.

Barbancourt

le rhum des connaisseurs



Les entreprises de spiritueux ont été touchées sur le marché domestique et à l’international. La filière a enregistré les plus faibles expéditions depuis 2009. Les exportations ont ainsi baissé de 8,4% en volume et de 19,4% en valeur. Ce sont les États-Unis, la Chine et Singapour qui ont souffert le plus à l’exportation.

Poids lourd sur la balance commerciale française

Cependant, malgré la crise, les vins et spiritueux français ont bien résisté et conservent leur deuxième place dans la balance commerciale de la France, après l’aéronautique.

Dans ce contexte, l’accord sur la suspension pour cinq ans des droits de douane américains de 25% appliqués aux produits français dans le cadre des litiges Airbus-Boeing a été accueilli avec soulagement par la filière. « On voit qu’avec la nouvelle administration américaine le dialogue avec l’Union européenne est rétabli. Il y a un armistice. Celui sur l’acier et l’aluminium n’est que de six mois. Donc, les négociations se poursuivent et devraient aboutir à une paix », poursuit Jean-Pierre Cointreau.

La FFS anticipe une nette amélioration de la situation sur le marché leader des vins et spiritueux français que sont les États-Unis.

Pénurie des conteneurs et des matières premières

L’horizon n’est pas clair pour autant. Une nouvelle menace risque de plomber la reprise du commerce mondial : les conteneurs pour transporter les marchandises à travers les océans manquent cruellement. Faute de conteneurs disponibles, les prix du transport maritime depuis l’Asie vers l’Europe et le reste du monde s’envolent. Ces deux facteurs risquent de ralentir fortement les échanges et de perturber les chaînes de production.

Ce à quoi s’ajoute la hausse des prix des matières premières. À cause des aléas météorologiques, il y a moins de fruits à la distillation. Parallèlement, la demande de carton d’emballage explose. Une certaine tension est déjà palpable sur le marché et les prix montent.

Responsabilité sociétale et environnementale

La crise du Covid-19 a bouleversé l’économie mondiale, mais elle a mis aussi l’accent sur l’urgence climatique. La filière française des spiritueux se veut résolument engagée face à ce défi planétaire.

Emballages plus respectueux de l’environnement, utilisation de matière recyclée, réduction des emballages, autant de mesures qui s’avèrent désormais indispensables.

► À écouter aussi : Plan de relance économique: «Il ne faut pas rater cette reprise»



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