Résultats des régionales 2021: cinq cartes pour tirer les enseignements du premier tour

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ÉLECTIONS – La campagne d’entre deux tours va être très courte. À peine les résultats du premier tour des élections régionales ont-ils été annoncés dimanche 20 juin, que les regards se tournent vers le second tour du 27 juin avec quelques tractations entre qualifiés

Mais encore faut-il prendre le temps de digérer ce qu’il s’est passé et tirer les enseignements d’une soirée riche en surprise. Voici cinq cartes qui résument les conclusions que l’on peut tirer avant le dépôt des listes (il s’achève ce mardi à 18h) et les débats télévisés entre les candidats.

Une gagnante nommée abstention

Jamais sous la Ve République, une élection n’avait aussi peu mobilisée. C’est la première fois que moins de 40% des élections se déplacent aux urnes. Si le score définitif n’est pas encore communiqué par le ministère de l’Intérieur, il ne dépassera pas 35%. Parmi les bons élèves, on peut citer les deux départements corses (où la participation dépasse 50%), la Lozère, le Gers. À l’inverse, c’est en Moselle, Seine-Saint-Denis et Val-d’Oise que les électeurs se sont le moins déplacés.

Si la crise sanitaire qui a empêché l’organisation d’une campagne électorale digne de ce nom a été désignée comme une responsable majeure de ce résultat, elle n’est pas la seule. Ont aussi été évoqués les couacs de distribution de la propagande électorale. Mais le désamour des Français pour la politique -et surtout les partis politiques- reste l’explication numéro 1.

Y aura-t-il des pentagulaires dimanche? 

S’il a marqué le retour en force de l’Ancien monde, ce premier tour des régionales a aussi confirmé une atomisation de la vie politique dans le pays. Avec seulement deux régions où la gauche partait unie, l’émergence de la République en marche depuis 2017 et la présence de la droite et de l’extrême droite, l’émiettement des voix est notable. C’est particulièrement criant en Île-de-France où six candidats ont réalisé plus de 10%, la barre théorique pour se maintenir.

Résultat, en métropole, on ne compte que deux régions où le premier totalise plus de 40% des suffrages (Hauts-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes). Autre conséquence, il ne devrait y avoir aucun duel au second tour (sauf peut-être en Paca) et même le nombre de triangulaires sera faible. On assistera bien souvent à des quadrangulaires et si les tractations de second tour n’aboutissent pas, il pourrait même y avoir plusieurs pentagulaires.

La prime au sortant a tourné à plein régime

Ils sont deux exceptions. Mais si l’on enlève Renaud Muselier en Paca et Alfred Marie-Jeanne en Martinique, tous les présidents sortants sont arrivés en tête au premier tour. C’est aussi bien le cas des figures nationales de droite comme Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhône-Alpes), Xavier Bertrand (Hauts-de-France) et Valérie Pécresse (Île-de-France) ou des ténors socialistes locaux à l’image de Carole Delga (Occitanie). 

Dans la perspective du second tour, ils sont donc quelques-uns à pouvoir dormir tranquille. Le jeu sera en revanche plus serré pour Christelle Morançais (LR) qui fera face dans les Pays-de-la-Loire à une quadrangulaire avec une liste d’union de la gauche puissante. Des alliances qui seront nouées en Centre-Val-de-Loire ou Bretagne ou en Bourgogne-Franche-Comté dépendront aussi l’avenir des socialistes François Bonneau, Loïg Chesnais-Girard et Marie-Guite Dufay. Idem pour Didier Robert, le président LR sortant à La Réunion.

En six ans, la dégringolade du Rassemblement national

Ses rêves de conquête restent bien réels (Thierry Mariani peut légitimement espérer gagner la région Paca, ce qui serait historique) et pourtant le Rassemblement national a fait grise mine au soir du premier tour. Marine Le Pen n’a d’ailleurs pas hésiter à tirer à boulets rouges sur les abstentionnistes de son camp. La comparaison par rapport aux précédentes élections de 2015 fait mal, en effet pour le parti d’extrême droite.

Si on laisse de côté la Corse et ses spécificités locales, la chute dans certaines régions est vertigineuse. En six ans, le Rassemblement national a perdu 40% dans les Hauts-de-France, 42% dans le Grand Est et en Pays-de-la-Loire et même 50% en Auvergne-Rhône. À l’époque, le Front national avait misé sur des figures fortes, Marine Le Pen dans les Hauts-de-France, Florian Philippot dans le Grand Est ou Louis Aliot en Occitanie. Force est de constater qu’hormis la greffe Thierry Mariani en Paca (son score est 10% plus bas que celui de Marion Maréchal Le Pen en 2015), le renouvellement opéré par le RN n’a pas fonctionné.

Le pari perdu de La République en marche

C’était soupe à la grimace ce dimanche 20 juin pour le parti d’Emmanuel Macron. Alors que les macronistes espéraient être une (bonne) surprise du premier tour, ils en sont au contraire les grands perdants. Avec quelques heures de recul, on peine à voir dans quelles régions, ils pèseront réellement sur le second tour. Dans quelques-unes (Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie), ils sont carrément éliminés: l’exemple le plus emblématique est la région Hauts-de-France, où malgré la présence de cinq ministres sur sa liste, Laurent Pietrazewski termine à 9%. 

Les autres ministres têtes de liste font guère beaucoup mieux: Brigitte Klinkert réalise 10,1% dans le Grand Est, Geneviève Darrieussecq 13,6% en Nouvelle-Aquitaine tandis que Marc Fesneau est avec 16,7% le candidat qui réalise le meilleur score. Mais devancé par le candidat de droite, il ne peut plus espérer l’emporter. Pas plus que Thierry Burlot devancé par la droite et les socialistes en Bretagne.

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