Toulouse-La Rochelle : les coups de cœur et les coups de griffe de nos envoyés spéciaux

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Le Stade Toulousain qui renoue avec son passé glorieux, le doublé «inversé» des Rochelais… Retrouvez ce qui a retenu l’attention de nos deux journalistes présents vendredi soir au Stade de France.

Coups de cœur

Toulouse est redevenu grand

La mauvaise passe a duré quelques années. Un dernier titre de champion d’Europe en 2010, un dernier bouclier de Brennus en 2012. Puis un trou de sept longues années (à l’échelle toulousaine, pas clermontoise…). Avant un retour au sommet autoritaire. Champion de France en 2019, champion d’Europe et à nouveau champion de France en 2021 (pas de titre attribué en 2020). Le Stade Toulousain est de retour aux sommets et ça fait mal. Une réussite qui porte la marque de fabrique rouge-et-noire. Des anciens joueurs aux postes-clés (Didier Lacroix président, Jérôme Cazalbou comme bras droit, Ugo Mola manager, Clément Poitrenaud entraîneur-adjoint et on en passe). Des produits locaux sortis du centre de formation dirigé, lui-aussi, par un ancien Michel Marfaing. Quelques renforts ciblés à forte plus-value. Pour un club familial où se transmettent l’exigence et l’esprit de la gagne. Sans oublier, évidemment, une génération bénie. «C’est la victoire d’un groupe sensationnel, tant ils absorbent tout, ils bossent sans compter, ils ne rechignent pour rien. Il n’y a pas un moment où ils me disent non quand je demande plus. J’ai la chance d’avoir une génération et des mecs incroyables qui permettent au Stade toulousain de continuer son histoire incroyable», a résumé Ugo Mola dans les entrailles du Stade de France.

Une belle ambiance au Stade de France

Barbancourt

le rhum des connaisseurs



Pour le retour du rugby avec un peu de public (14.000 spectateurs), on a renoué avec des sensations peu à peu oubliées. Deux camps qui chantent fort, tapent sur des tambours et agitent des drapeaux. Une Marseillaise entonnée par tout un stade, juste accompagné des notes de piano du prodige autodidacte de 16 ans Mourad Tsimpou. Un président de la République qui prend tout son temps pour saluer chaleureusement les 46 acteurs de la finale, leur glissant un mot à tous. Un Emmanuel Macron à nouveau tout sourire à l’heure de remettre le bouclier de Brennus aux vainqueurs, non pas en tribunes mais précautions sanitaires obligent, sur une estrade située sur la pelouse du Stade de France. Avant que les Toulousains aillent communier avec leurs supporters en leur faisant toucher le mythique  »bout de bois ».

Coups de griffe

Le doublé inversé du Stade Rochelais

Cette saison était celle des premières pour La Rochelle. Première finale de Champions Cup, première finale du Top 14. Pour, au final, deux échecs sur la dernière marche. À chaque fois contre le Stade Toulousain, qui a garni son immense galerie de trophée d’une cinquième étoile continentale et d’un 21e titre de champion de France. Si l’issue de la finale de la Coupe d’Europe contre les Rouge et Noir pouvait logiquement laisser d’immenses regrets avec l’expulsion de Botia à la demi-heure de jeu, la finale de vendredi soir au Stade de France a été totalement à sens unique. Les Maritimes sont passés à côté de l’événement. Bousculés physiquement, imprécis et brouillons. Une défaite logique. Le dur apprentissage du haut niveau. Pareil «doublé inversé» était arrivé en 2015 aux Clermontois, qui avaient su se relever pour aller soulever le deuxième bouclier de Brennus de leur histoire, deux saisons plus tard. La Rochelle, qui a patiemment bâti sa montée en puissance depuis son retour dans l’élite en 2014, va devoir repartir au combat. Et digérer cette double désillusion sur la dernière marche.

West, encore complètement à l’ouest

Avant la finale, Ugo Mola, le manager toulousain, avait insisté sur le fait que «les grands joueurs répondent présents en finale». Pas Ihaia West. L’ouvreur rochelais a symbolisé à lui seul l’échec de son équipe. Il a failli dans son rôle de buteur (1/3) et n’a pas brillé dans le jeu. Décevant, transparent. Le plus inquiétant est que le numéro 10 néo-zélandais avait déjà raté sa finale de Champions Cup contre les Toulousains. Deuxième raté, donc, au pire moment. Manque d’inspiration, de sang-froid, emporté par la pression des grands rendez-vous. Pourtant, en demi-finale de la Coupe d’Europe, le joueur d’origine maorie s’était mis en lumière face au Leinster. Il avait été décisif et inspiré. Dans la foulée de ce match de haut vol, le Stade Rochelais – qui avait longtemps hésité – lui avait offert une prolongation de contrat d’une saison. Trop tôt ? La concurrence avec Jules Plisson devrait logiquement être un peu plus vive la saison prochaine. Histoire que l’ancien Parisien ne perde pas le moral face à un concurrent qui a montré, par deux fois, ses faiblesses dans le «money time».



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