Un site préhistorique de Néandertal mis au jour sur les rives de la Seine, une première près de Paris depuis le XIXe siècle

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Un site préhistorique du paléolithique moyen, rempli d’outils taillés selon une technologie typique de l’homme de Néandertal, a été mis au jour près des berges de la Seine à Clichy-la-Garenne en région parisienne, a annoncé l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), jeudi 15 octobre.

Il s’agit du premier site néandertalien découvert aux portes de Paris depuis que des fouilles au XIXe siècle avaient révélé, dans les grandes carrières de Clichy-Levallois, l’existence de cette technique de taille de pierre, dite « méthode Levallois ».

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Le nouvel ensemble remonte du paléolithique moyen, période de la préhistoire située entre − 350 000 ans et − 45 000 ans avant notre ère. Il se situait alors en bordure du fleuve, dont les berges se sont légèrement décalées depuis. En fouillant dans les niveaux les plus anciens, les archéologues ont trouvé des éléments d’une faune associés à des éclats tranchants en silex taillés. Posés à plat, « comme s’ils n’avaient pas bougé depuis », a raconté à l’Agence France-Presse (AFP) Sophie Clément, responsable scientifique du chantier.

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Une méthode « emblématique du paléolithique moyen »

Ces éclats tranchants sont typiques de la « méthode Levallois », une technique de débitage élaborée qui consistait à prédéterminer les éclats de pierre que l’artisan-tailleur allait sortir de la matière première. Une méthode « emblématique du paléolithique moyen, associée à l’homme de Néandertal », précise l’archéologue, spécialiste de la technologie lithique.

Le site était-il un atelier de fabrication ? « Il s’agirait de quelque chose de plus instantané : les hommes se seraient probablement arrêtés à cet endroit et auraient taillé des pierres pour un besoin immédiatpar exemple consommer la faune trouvée à côté », suggère-t-elle.

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« Ils maîtrisaient si bien la technologie qu’ils pouvaient se permettre de tailler quelques éclats et repartir en laissant leurs outils sur place. Ils n’étaient pas dans une logique derentabilitéqu’on retrouve davantage chez Sapiens », avance l’archéologue.

Les premières observations de cette technique, au XIXsiècle, avaient d’ailleurs surpris, car « on était encore aux prémices de la préhistoire, avec une chronologie biblique, et certains avaient encore une vision très sauvage de l’homme “d’avant le déluge” », raconte-t-elle.

Les archéologues avaient découvert le premier site à l’occasion de l’aménagement du Paris haussmannien, entre 1860 et 1870. Clin d’œil de l’histoire, c’est aussi dans un contexte de réaménagement du Grand Paris que ces nouveaux « outils Levallois » ont été trouvés. « La boucle est bouclée », se félicite la préhistorienne. Son équipe a par ailleurs mis au jour, dans des couches plus élevées, un fragment de défense de mammouth – malheureusement très abîmé.

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Le Monde avec AFP



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