Valérie Bacot, jugée pour le meurtre de son mari violent, ne retournera pas en prison

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JEFF PACHOUD via AFP

Valérie Bacot, ici à son arrivée au tribunal le 21 juin pour l’ouverture de son procès pour le meurtre de son compagnon violent.  (Photo by JEFF PACHOUD / AFP)

JUSTICE – Valérie Bacot ne retournera pas en prison. Conformément aux réquisitions du ministère public, celle qui est surnommée “la nouvelle Jacqueline Sauvage” est repartie libre ce vendredi 25 juin de la Cour d’Assises de Saône-et-Loire où se tenait son procès pour l’assassinat de son mari, qui l’a battue et violée quasiment toute sa vie avant de la prostituer. 

Après plus de 24 ans de viols, violences et de prostitution contrainte, Valérie Bacot a tué Daniel Polette le 13 mars 2016 d’une balle dans la nuque. Elle cache le corps, avec l’aide de deux de ses quatre enfants. Mais, arrêtée en octobre 2017, elle avoue immédiatement. Placée en détention provisoire, elle avait été libérée sous contrôle judiciaire un an plus tard.

Devant les Assises de Saône-et-Loire, l’avocat général Éric Jallet avait requis cinq ans de prison, dont quatre avec sursis, en prenant en compte l’année passée en détention provisoire.

Le tribunal a finalement tranché pour 4 ans de prison dont 3 avec sursis, permettant à la mère de famille de repartir libre du tribunal. 

C’est visiblement émue et soutenue par ses avocates que Valérie Bacot a quitté le tribunal, sous les applaudissements et les bravos. Celle qui, selon ses propres dires, se préparait à retourner en prison ne s’est pas dite “soulagée” mais “vidée mentalement et physiquement”. ″C’est un nouveau combat maintenant pour toutes les autres femmes et toutes les maltraitances”, a-t-elle déclarée.

 

“On n’y est pas encore mais on y est presque”

Lors du procès, l’avocate de Valérie Bacot, Nathalie Tomasini avait pointé une “chaîne de dysfonctionnements multiples” de la police et de la justice, en particulier les deux signalements que des proches de l’accusée ont faits à la gendarmerie, en vain.

Après le verdict, Nathalie Tomasini s’est dite “très satisfaite”. Elle s’est notamment réjouie de la décision du tribunal qui a retenu “l’altération élevée du discernement, l’emprise et le syndrome de femme battue”, qu’elle avait plaidé pour la défense de sa cliente. “C’est ce que je voulais qu’on retienne de ces femmes qui sont fracassées pendant des années dans le huis clos familial. Donc on n’y est pas encore mais on y est presque”, a déclaré l’avocate, qui avait aussi défendu Jacqueline Sauvage. 

Un tonnerre d’applaudissements a éclaté à la lecture du verdict, certains proches de l’accusée fondant en larmes. Lisant les motivations de la cour et du jury, la présidente Céline Therme a souligné qu’ils avaient retenu “la terreur” dans laquelle a vécue Mme Bacot et les “multiples traumatismes de son enfance”.

 

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